pilote automatique

J’ai envie de vous parler de mer et de bateau. Ce qui est formidable, c’est de vivre avec la mer, ses couleurs bleues ou vertes, peut-être plus bleues que vertes, son état apaisant ou inquiétant quand elle se déchaîne! C’est aussi l’occasion de faire des rencontres avec des « bateaux-copains » dans des mouillages parfois surprenants, de découvrir d’autres pays et différentes façons de vivre , de se retrouver plus près de la nature et de découvrir une grande simplicité dans ses relations avec les autres.
C’est gérer les imprévus et vivre au ralenti : le temps passe vite mais parfois plus lentement dans la pétole (absence de vent)! On est plus disponibles pour rencontrer, échanger, discuter, lire, jouer, partager, profiter de ses invités qui ont tous leur histoire.
Le bateau est un espace limité où la promiscuité oblige à faire des concessions, mais aussi à vivre une complicité plus riche, à épargner l’autre et à partager.
On y découvre que la solidarité des gens de mer, a une signification et une réalité, amis ou inconnus à bord de leurs voiliers ou d’un cargo, à quais… Il y a toujours quelqu’un pour vous aider, réparer, plonger, conseiller.. sans rien attendre en retour.
Découvrir la terre, luxuriante ou désertique, la mer qui berce où nous rend malade, le soleil qui brule, le vent qui nous pousse… Et par dessus tout, le pilote automatique, qui infatigable, nous remplace à la barre, de jour comme de nuit. Pilote automatique, je t’aime.
cordialement Camille

de la Bretagne aux canaries

de la Bretagne aux Canaries
Le 27 décembre 2002 nous quittons Concarneau à bord d’un Dufour 50. Nous avons fêté la veille notre départ au restaurant le Flaveur rue duquesne et nous sommes un peu vaseux lorsque nous levons l’ancre. Notre bateau est bien équipé et adapté pour l’aventure que nous souhaitons vivre avec lui.
Notre Dufour 50 est un monocoque habitable dans une version propriétaire. Long de 15mètres 48 et large de 4mètres 48 avec six couchettes une réserve de 1000 litres d’eau et 500 litres de gazole. À bord d’un bateau il y a trois problèmes : l’eau, l’énergie et la mer toujours dangereuse mais sur laquelle le seul pouvoir que l’on ait c’est celui d’éviter le gros temps grace à la météo et savoir ménager son bateau pour ne rien casser ou le minimum. L’eau potable et l’énergie sont un souci permanent car il faut les économiser si l’on veut en avoir assez pour toute une traversée et arriver à bon port. Moins on est nombreux à bord plus on est confortable mais plus on fatigue car les quarts sont plus nombreux.
Nous disposons de suffisamment d’espace pour éviter une trop grande promiscuité à bord, ce qui souvent sur un bateau crée des situations conflictuelles. Chacun dispose d’une cabine agréable, et nous savons que nous partons pour plusieurs mois. Le fait de n’être que trois à bord est un choix délibéré. Les quarts ne seront pas trop longs, mais suffisants pour pouvoir se reposer. La fatigue et le manque de confort entrainent une baisse de moral, et, une croisière peut vite se transformer en enfer si l’on n’y prend pas garde. Mes coéquipiers ont l’humeur joyeuse et comme moi aiment la mer et les bons repas. De plus nous nous connaissons depuis longtemps et avons déjà navigué ensemble. L’avitaillement que nous avons fait tient compte des goûts de chacun et permet de varier les menus. Même lorsque nous rencontrerons le mauvais temps et devront naviguer au près avec une gite qui se promène entre 10 et 30°nous avons une variété de plats cuisinés prêt à supplanter les difficultés pour faire la cuisine.
Pour l’instant nous devons commencer à nous amariner et nous avons prévu de petites étapes le temps de domestiquer le mal de mer. Notre première escale est prévue en Espagne ou nous compléterons notre avitaillement par de la charcuterie espagnole, de la bière et du vin ordinaire en cubi. Le vin espagnol en cubi est agréable et très bon marché, ce qui nous permettra de faire durer notre stock de vins français composé de bonnes bouteilles que nous garderons pour des occasions particulières. Nous y fêtons la nouvelle année.
Nos provisions terminées en Espagne nous levons l’ancre en direction du cap Finisterre (Cabo Fisterra en galicien). C’est un promontoire de granit d’une hauteur de 600 m, situé dans la province de la Corogne à l’ouest de la Galice en Espagne, au nord-ouest de la péninsule ibérique.
À dix-huit kilomètres au nord (43°03’20 N, 9°17’57O) se situe le cap Tourinan qui est le point le plus occidental d’Espagne continentale, mais non celui d’Europe continentale, ce dernier étant en effet le Cabo da Roca, au nord de Lisbonne (Portugal) (38°46’50 N 9°30’01 O).
Nous naviguons depuis quatre jours lorsque nous dépassons le cap Finisterre pour longer les côtes du Portugal où nous souhaitons embarquer à bord une cinquantaine de bouteilles de Porto et fêter la chandeleur.
Le bateau se comporte bien mais compte tenu de la fréquentation du golfe de Gascogne le détecteur de radars n’arrête pas de sonner. C’est fou le nombre de gros navires que l’on peut croiser en pleine mer, pétroliers, porte containers… Cette partie du trajet est fatigante quand on est de quart la nuit, mais les sonneries du détecteur de radar sont rassurantes, il fonctionne bien, et ceux qui dorment peuvent dormir tranquilles les gros bateaux autours sont signalés.
Heureusement le temps est superbe. Bien que nous soyons début Janvier, la température par rapport à la Bretagne est douce, le thermomètre indique un 14°celsius et la brise est douce, juste ce qu’il faut pour que notre navigation soit « confortable ». À bord d’un monocoque la notion de confort c’est avoir un peu d’espace et pas trop de gite.
Nous ne ressentons plus le mal de mer, mais heureusement il est rare que tout le monde soit malade en même temps. Notre embarcation file tranquillement ses sept noeuds à la surface de l’eau, nous commençons à nous organiser à bord. Nous avons fixé la longueur des quarts de nuit à deux heures consécutives, nous trouvons que trois heures c’est trop long et nous apprécions tous de dormir par tranches de quatre heures ce qui permet de bien se reposer.
Nous sommes maintenant dans la navigation et en pleine forme. Une halte à Madère que nous connaissons tous les trois ne s’impose pas et nous décidons de continuer directement sur les iles Canaries où nous ferons plusieurs escales avant de nous lancer cap à l’ouest vers la Martinique.
Nous sommes maintenant entouré de dauphins qui se sont donnés rendez-vous autour de notre embarcation et nous offrent un ballet nautique superbe.
Le temps s’écoule lentement, Jérome s’occupe de la cuisine, Luigi pêche, je lis un peu, surtout le jour pendant mes quarts. Les happy hours et les apéritifs corsés entretiennent le moral et l’ambiance. Les films à regarder, la musique à écouter et de grandes siestes complètent nos activités.
L’ile de Lanzarote se rapproche, le temps est toujours superbe, nous optons pour un arrêt dans le petit port de puerto calero beaucoup moins cher que celui d’Arrecife pour faire de l’eau compléter le gazole et les vivres frais, nous y restons une journée. Il fait trop froid pour se baigner en mer mais nous lézardons au soleil sur une terrasse avant de regagner le bord où nous décidons de préparer un bon repas orchestré par Jérome. Nous nous y collons tous les trois, vaisselle fine, verres en cristal, bonnes bouteilles, menu de fête, cigares, café, pousse café… (adaptation extraite du roman de camille saintonge « cap à l’ouest ». Amazon XXXXXXX )
cordialement Camille

le millième

On se rapproche du millième article, qui sera atteint dans quatre articles à la fin de la semaine. Je suis plutôt satisfait de ça.

Merci à vous lecteurs et lectrices de me suivre. L’aventure épistolaire continue, articles courts, tantôt sur l’écriture, tantôt sur quelque chose qui m’a interpellé. Ces petits partages de mon quotidien parfois décalés par mes programmations dans le temps qui me permettent d’être présent même lorsque je suis en mer sont la preuve que dans notre société où l’on se parle de moins en moins, la technique nous permet de rester en contact et de se parler.

Je vous ferai participer à ma seconde passion après l’écriture, celle de la mer en glissant modestement de ci de là de petits récits très courts de moments particuliers en mer, cuisine, pêche, coups de vents, escales…
cordialement Camille

un singe en hiver

Beaucoup de stations balnéaires sont déprimantes en hiver, une mer agitée dont les vagues battent la côte, un vent qui décoiffe et siffle, une température humide qui vous pénètre, une population réduite qui tend à vous faire penser que tous ceux qui le pouvaient sont déjà parti vers des cieux plus cléments…

C’est le lot de toutes les stations qui vivent du soleil qui leur sert de cache-misère. Dés qu’il n’est plus de la partie, c’est à dire à partir de septembre et jusqu’en juin, c’est comme si elles mouraient, car, ceux qui étaient là partent brutalement car, ils ne venaient pas chercher la mer, mais, le soleil.

C’est triste et cela crée une fausse image de bord de mer. Dans les régions où il y a moins de soleil et où la mer n’est pas à une température où l’on peut se baigner sans faire l’effort de nager pour se réchauffer, les populations qui y séjournent sont plus attirées par le vent, l’odeur du varech, l’iode, la tempête et le vent… Il y a du monde toute l’année et ces stations n’ont pas la tristesse et ne respirent pas l’abandon des plages du soleil.
cordialement Camille

farniente, oisiveté

L’inactivité, le soleil, la mer, sont souvent associés aux vacances, pourtant nombreux sont ceux qui ne prennent pas de vacances, et, parmi ceux qui en prennent, beaucoup n’en profitent pas pour lézarder au soleil et ne rien faire, mais, au contraire ceux là ont un objectif et veulent profiter de ce temps disponible pour réaliser quelque chose.

La lecture chez certains prend une place plus importante à cette époque de l’année, cependant celui qui n’a pas l’habitude de lire sera vite fatigué après quelques pages et puis, le soleil qui calcine et fait transpirer n’est pas un moteur pour s’adonner à une activité même peu consommatrice d’énergie comme la lecture, il prédispose aux longues siestes y compris les « crapuleuses » aux flocs flocs que l’on attend pas et qui s’invitent à la fête.

C’est pourquoi, de plus en plus les 5 semaines de vacances raccourcissent et se ramènent à une semaine ou deux, non pas pour des raisons économiques mais parce que quelques jours au soleil à ne rien faire suffisent largement à la plupart d’entre nous qui préfèrent consacrer le reste de leur temps libre à faire quelque chose, et, pour cela ils choisissent des lieux tempérés où l’on ne ruisselle pas au moindre mouvement et ou le cerveau ne cuit pas mais est une source de réflexions et de créations.
cordialement Camille

prenez des vacances

Et si vous preniez des vacances dans votre tête…
Il est bon de commencer cette expérience un jour où le ciel est bleu. Sortez de chez vous de préférence très tôt le matin, et commencez par aspirer un grand bol d’air, puis, expirez lentement.

Mettez votre cerveau en mode détente et offrez lui la visualisation d’une journée idyllique, régalez-vous des milles et un détails de la journée que vous allez vivre. Rien ne vient troubler votre joie de vivre. Remerciez sincèrement l’univers de ce moment de bonheur qu’il vient de vous offrir et demandez lui de vous aider à surmonter vos obstacles.

Une fois cela fait, passez à autre chose.

Pratiquez chaque jour cette méthode, et vous constaterez jour après jour que vous avez de plus en plus de moments de grand bonheur.
cordialement Camille

tempête

Je suis au bord de la mer où j’ai pris mes quartiers pour quelques jours. Le vent souffle en rafales, plus de cent km à l’heure.

J’aime en principe la tempête la nuit contrairement à beaucoup de gens car les coups de vent me bercent et je dors bien. Mais à mon grand regret ce n’est pas le cas de ma petite chienne qui vient se blottir dans mes bras ou sur mes genoux et vient chercher de petites caresses pour se faire conforter. Il faut dire que le bruit du vent est impressionnant.

Il est si fort que même les mouettes rieuses et les goélands se cachent car on n’entend pas leurs cris. Le jour se lève, le ciel est pour l’instant sans nuage mais sera sans doute laiteux plus tard dans la matinée.
cordialement Camille