Ouagadougou

Chronique africaine.
Les premiers pas.
16 20 01 – 41/198.

1 – L’arrivée à Ouagadougou.
Prendre l’avion a toujours été quelque chose d’agréable pour moi. Dans mon esprit, il y a toujours eu une association de plaisir liée à la découverte de quelque chose de nouveau lorsque je prends l’avion.
Durant les premières heures de vols j’étais heureux, j’avais regardé les passagers autour de moi avec une certaine bienveillance, la plupart de ces voyageurs étaient plus âgés que moi et souriants, mais, maintenant que l’on approchait de ma destination finale, je sentais des contractions dans mon estomac, ma respiration devenait plus difficile, j’étais tenaillé par une sensation d’inquiétude. Jusqu’à l’escale de Niamey tout s’était bien déroulé, j’avais découvert le désert par le hublot, la nouveauté m’avait grisé, mais, maintenant que l’on approchait de Ouagadougou, ma destination d’arrivée, la réalité reprenait le dessus. Quel accueil allait me réserver celui que je venais remplacer. Serait-il à l’heure, et comment allais je le reconnaître ? Et lui. La seule chose que je savais, c’est qu’il était en poste en haute volta depuis Plus de 10 ans.

Je me répétais dans ma tête ce que l’on m’avait dit au siège de ma société avant de partir de Paris :

– Ne vous faites pas de soucis inutiles, la seule chose importante c’est de mettre des étiquettes bien visibles sur vos bagages.

– Baquet, c’était le nom du directeur que je venais remplacer, vous récupérera à l’aéroport de Ouagadougou nous lui avons envoyé un télex.

– Il est bien trop content de pouvoir partir en congé. Il y a deux ans qu’il n’a pas pu prendre de vacances, car, nous n’avions personne pour le remplacer. Alors vous imaginez le plaisir qu’il doit éprouver de votre arrivée…

Justement je ne pensais qu’à ça.
Je voyais les gens s’affairer ils étaient debout dans l’allée et bloquaient le passage. Je cherchais des yeux quelqu’un à interpeller, je ne savais plus comment me rassurer. Un passager était arrêté debout dans l’allée un verre de whisky à la main à côté de ma rangée et, il me paraissait sympathique et bavardait à la ronde. Je n’y tenais plus, je lui demandais si il descendait en haute volta, en lui expliquant que je ne savais pas comment se passait la sortie.
Il rigola et me répliqua :

– Pas d’ inquiétude à vous faire pour la sortie. L’aéroport de Ouaga est tout petit, vous allez voir, tout le monde descend, vous n’aurez qu’à suivre la foule. Tout le monde se retrouve au bar. car, Il faut attendre que Les passagers qui montent aient fini leurs formalités d’embarquement. Il n’y a qu’une Porte pour embarquer et pour sortir de l’aéroport et un seul hall pour tout le monde. Le seul endroit climatisé pour attendre c’est le bar. Vous verrez c’est amusant, et après avoir traversé à pied cinq cent mètres sur le tarmac une bière bien glacée au bar sera la bienvenue.

Le pilote annonçait une température extérieure de 40°c, je compris ce qu’il voulait dire. Mon interlocuteur me paraissait ouvert et sociable, nous poursuivîmes notre bavardage un instant, en attendant le temps qu’il puisse passer pour rejoindre son siège. Quand il me quitta il me jeta une dernière phrase:
– alors, c’est vous qui venez relever Bacquet, il va être content de vous voir. Vous verrez, vous serez bien, sa villa est confortable, son boy fait bien la cuisine et la 404 est climatisée. il s’éloigna rejoindre d’autres passagers qui l’interpelaient. Tout le monde semblait se connaître, et j’eu l’impression que mon bavardage avec ce monsieur avait piqué la curiosité d’autres personnes car des regards se tournaient vers moi et des gens que je ne connaissais pas m’adressaient des signes de sympathies. Je me tournais vers le hublot pour avoir une idée de l’environnement qui m’attendait. L’avion volait très bas, à moins de 300 mètres du sol, car, il faisait son approche pour se poser. Il survolait une zone de cases en banco, un mélange de latérite et de paille, recouvertes de tôles ondulées en triste état.
C’était ça la capitale de la haute volta. J’avais lu tout ce que j’avais pu trouver sur le sujet avant de partir, mais j’étais malgré tout surpris de trouver un territoire aussi désolé proche du désert. Je n’en menais pas large lorsque l’avion se posa.

La porte de l’avion s’ouvrit, une bouffée d’air extérieure s’engouffra dans la carlingue et bien que l’air conditionné de l’avion ne soit pas encore arrêté, j’eu l’impression d’avoir à descendre dans un four. Je prenais mon bagage à main, un grand sac, et, je passais la bandoulière sur mon épaule pour descendre de l’avion. J’hésitais un instant à suivre la foule des voyageurs, mais je constatais que tout le monde se dirigeait vers le même endroit, j’emboitais le pas à tous ces gens vers une bâtisse blanche à un étage, plus petite qu’un terrain de football. Un escalier en ferraille d’environ deux mètres de large conduisait à l’étage. J’arrivais épuisé par la différence de température entre l’avion et l’extérieur. Cette marche en pleine chaleur se terminait dans une pièce toute blanche, sans rien sur les murs. Elle était bondée, faisait environ cinquante mètres carrés et était séparée en son milieu par un comptoir de bar qui courait d’un mur à l’autre. J’y retrouvais le passager avec lequel j’avais bavardé qui me présentait en criant à la ronde d’un:
– C’est le remplaçant de Baquet.
Il fallait hurler dans l’oreille de son voisin pour qu’il entende, tant le niveau sonore était élevé.
– Essayez de vous approcher du bar me cria un voisin dans l’oreille, poussez et avancez. On était plus serré que dans le métro à l’heure de pointe, et, il y avait encore des gens qui arrivaient. Quatre climatiseurs donnaient tout ce qu’ils pouvaient pour apporter un peu de fraicheur sans y parvenir.
– Bienvenue me criait-on en me tendant tantôt une bière, tantôt un baby, c’est de la part de… Impossible de me rappeler les noms il y avait trop de bruit pour que je les distingue, je prenais ma bière que je buvais et je remerciais. Tantôt on m’enlevait ma bière des mains en me criant prenez plutôt celle-ci, la vôtre est tiède… Les gens se hurlaient des messages de tous les côtés. J’arrivais enfin au bar ou même le garçon que je voyais pour la première fois semblait savoir que j’étais le remplaçant de Baquet.
– Patron il y a encore cinq bières et trois baby qui t’attendent…
Je lui demandais si il pouvait me montrer Baquet

– Il était là avant que l’avion arrive, mais il est parti maintenant.

– C’était la catastrophe, je n’avais même pas l’adresse de l’endroit ou j’allais, seulement une boite postale. Ici il n’y avait pas d’adresse, le téléphone fonctionnait si mal que personne ne l’utilisait. Moi qui voulait l’aventure, elle commençait étrangement.

Mon inquiétude devait se voir sur mon visage, car, un passager que je ne connaissais pas qui se faufilait à mes côtés me demanda:
– C’est la première fois que vous venez à Ouaga, ça se voit. Avez vous mis des étiquettes sur vos bagages?
– oui, j’en avais mis, on me l’avait répété tellement de fois avant mon départ, c’était vraiment incroyable, j’étais capable de reconnaitre mes bagages quant même.
– Pas de souci répliqua mon interlocuteur, Baquet est parti les récupérer, il remontera après. Vous feriez bien de boire votre bière avant qu’elle soit tiède.
Je regardais mon voisin pas rassuré pour autant. Celui-ci poursuivit toujours en me hurlant dans l’oreille:
– Le bar va bientôt se vider quand les passagers pour Abidjan seront rappelé pour monter dans l’avion.
Cet aéroport était incroyable. Les passagers qui descendaient, ceux qui étaient en transit et ceux qui montaient, tout le monde attendait au bar. L’autre côté du comptoir aussi plein que le nôtre étai réservé à ceux qui accompagnaient les voyageurs en partance et s’échangeaient par l’intermédiaire des serveurs, des dossiers, des malettes…

Je demandais à un autre de mes voisins:
– Il n’y a pas de douane?
– Si, mais en bas pour sortir, et, il n’y a qu’un seul douanier qui ne contrôle jamais les résidents. Ici tout le monde se connait et tout se sait.
Un garçon derrière le bar hurla dans un porte voix que l’avion allait repartir. En un clin d’oeil le bar se vida, et on commença à s’entendre parler. Il ne restait plus qu’une vingtaine de passagers qui tous allaient à Ouagadougou ou en brousse.
De l’autre côté du bar, un homme rigolard dans les 45 ans à l’accent du Sud de la France, m’interpella:
– Bienvenue, J’ai récupéré vos bagages, ils sont dans la voiture. Finissez tranquillement votre bière, je vous ferais signe pour descendre, il y a encore beaucoup trop de monde. Je vous attend en bas à la sortie. C’était l’homme que je venais remplacer.
Je n’insistais pas, il faisait 40°c à l’ombre, pas une goutte de sueur ne perlait sur mon front, je suivais son conseil et buvais encore une bière.
J’étais à moitié rassuré, et je me demandais ce qui m’attendait dans ce pays perdu. Je décidais d’attendre et de voir.
La tête de Baquet se glissa à la porte et il me fit signe que maintenant je pouvais descendre et il disparut de ma vue.
Cordialement Camille Saintonge

les chroniques africaines

142001 – 42/198
Introduction
Dans les années 70-80, rares étaient ceux et celles qui voulaient partir en Afrique.
La France se portait bien et l’emploi n’était pas un problème. Le pays manquait de cadres et, les jeunes diplômés étaient très recherchés, la demande était supérieure à l’offre.
Les quelques jeunes qui acceptaient de s’expatrier ne partaient pas pour gagner plus d’argent, mais, pour satisfaire leur goût de l’aventure.
J’étais de ceux là. Après mon service militaire j’occupais un premier emploi, et, au bout de deux années je passais même cadre supérieur. Mais, je m’ennuyais profondément. Heureusement j’effectuais dans le cadre de mon travail plusieurs missions de quelques semaines chacune en Asie et en Afrique que j’ai passionnément aimées. Depuis, je ne rêvais que d’une seule chose: partir vivre outremer.
À la première occasion qui me fut donnée je signais dans un grand groupe un contrat de directeur par intérim pour remplacer dans les filiales et les succursales du groupe, les directeurs en poste pendant la durée de leurs congés. C’est ainsi que je suis parti en Afrique. J’y ai occupé des postes dans toute l’Afrique francophone avant d’obtenir un poste fixe de résident. Mes remplacements commençaient un mois avant le départ du directeur et se terminaient un mois après son retour de congés qui durait entre un et deux mois.
Ces chroniques racontent des histoires vécues. Certaines vous surprendront, d’autres vous scandaliseront, d’autres encore vous amuseront. C’était l’Afrique de cette période des années 70-80.
J’espère que vous prendrez autant de plaisir à les lire que j’en ai pris à les écrire.
J’ai voulu apporter un témoignage d’une autre façon de vivre, parce que je crois que la société dans laquelle nous vivons va exploser et parce que je crois qu’un autre monde est possible.
J’ai échappé au monde américanisé où il faut avoir pour être, et, je crois que l’homme a besoin de liberté, de se réaliser, de consacrer du temps à ce qu’il aime vraiment et à s’épanouir pour être heureux en respectant son environnement.
Vous trouverez bientôt les « chroniques Africaines » sur Amazon
Cordialement Camille Saintonge

la nouvelle

Qu’est-ce qu’une nouvelle ?
Une nouvelle est une fiction courte, de 150 à 15 000 mots, centrée sur un seul événement, comptant un nombre restreint de personnages.
Peu de personnages, d’événements, de descriptions… Tout doit y être traité de façon précise et courte.
Pourquoi écrire une nouvelle ?
La nouvelle est le format idéal pour la pratique de l’écriture. Parce qu’il s’agit d’un récit court, sa rédaction requiert peu de temps. Elle est parfaite pour ceux et celles qui veulent s’essayer dans un nouveau genre.
Sa brièveté vous permet d’en rédiger plusieurs là où un roman demande beaucoup plus de travail et de temps. Elle vous permet de terminer facilement et rapidement un récit.
La nouvelle vous permet de vous entraîner. Enfin, la rédaction de nouvelles permet de pouvoir répondre à cette question :

  • Quel est mon rythme d’écriture ?

Et de connaître le temps moyen que vous mettez pour rédiger un récit.
La nouvelle vous permet d’en écrire plusieurs l’une après l’autre dans un court laps de temps. C’est un excellent moyen pour s’essayer à un nouveau genre, de nouvelles psychologies de personnages, tester des procédés narratifs différents de ceux que vous avez l’habitude d’utiliser…

Comment écrire une nouvelle ?

  • L’action se limite à un événement
  • trois lieux au maximum : le premier pour la situation initiale, le deuxième pour la ou les péripéties et le troisième pour la situation finale.
  • un nombre limité de personnages dont les descriptions physiques et psychologiques sont réduites, on peut même ignorer l’identité du personnage principal.
  • l’action doit être rapide
  • les descriptions courtes.

Trouver une idée
Si vous peinez à trouver une idée, voici quelques pistes à exploiter :

  • partir d’un thème général comme l’amour, la haine, la vengeance, la loyauté, la vie, la mort…
  • réécrire une histoire que vous avez lue
  • poser une question existentielle et tâcher d’y répondre, les actualités sont pleines de ce genre de questions.
  • reprendre le sujet imposé d’un concours de nouvelle ou d’un appel à texte

Construire l’intrigue
La construction de l’intrigue en elle-même, ne diffère pas de celle d’un roman.
Il vous faudra définir :

  • le ou les personnages
  • le ou les lieux de l’intrigue
  • l’univers de votre histoire
  • les différentes étapes du récit : situation initiale, élément perturbateur, péripétie(s), dénouement et situation finale.

Écrire sa nouvelle
Une fois que tous les éléments sont en place, il ne vous reste plus qu’à rédiger.
Si vous ne savez pas par où commencer, pour libérer votre créativité, écrivez une phrase à terminer comme :

  • Assis à la terrasse d’un café, il pensait à…
  • Elle ne semblait pas s’apercevoir que…
  • Tout à commencé le jour où on lui a volé son…
  • Allongé sur la plage, il regardait…
  • Tout à commencé le jour où il est tombé dans le métro…
  • etc.

rappelez-vous que la nouvelle est un format court
Sept étapes pour écrire une nouvelle
0 : Trouver des idées et en choisir une
1 : Développer votre idée et faire vos recherches si nécessaire
2 : Définir les personnages, le lieu et l’univers
3 : Définir le plan et écrire le début
4 : Écrire l’élément perturbateur et les premières péripéties
5 : Écrire la ou les dernières péripéties, la résolution et la situation finale
6 : Corriger le fond et trouver le titre
7 : Corriger la forme et mettre le point final
cordialement Camille Saintonge

Le griot

102001 – 27/197
Il y a quelques années je séjournais en côte d’ivoire. Ce pays est presque aussi grand que la France. Je roulais depuis plusieurs heures à plus de 100 kilomètres à l’heure sur une des rares routes goudronnée qui existaient à cette époque, j’observais avec attention la route qui n’avait plus de revêtement, j’étais sur la piste, je surveillait les ornières, qui, parsemaient ce qui restait de l’étroite bande de goudron afin de les éviter. La frontière avec la haute volta, aujourd’hui Burkina Faso, où je me rendais était proche. Je relâchais mon attention et je rêvassais en conduisant à une bière bien fraiche, quand, devant mes yeux apparu un trou profond. Je sentis l’adrénaline couler dans mes veines, je donnais un brusque coup de volant, mais je ne parvenais pas à l’éviter. Ma voiture tapa violemment sur la latérite rouge, fit une embardée et s’arrêta un peu plus loin au milieu de nulle-part. La sueur ruisselait sur mon front, je descendais de ma voiture en jurant comme un palefrenier.
Je regardais de tous les côtés et j’aperçus a proximité un village d’une quinzaine de cases. Je n’eus pas longtemps pour réfléchir je voyais déjà les premiers villageois arriver, attirés par le bruit qu’avait fait mon véhicule en tombant dans ce trou. J’inspectais ma voiture, une large nappe d’huile et d’eau s’écoulait sous mon véhicule. Je remontais en voiture pour tenter de redémarrer le moteur, ce fut peine perdue. La nuit allait tomber, Il ne me restais plus qu’à trouver un refuge dans ce village.
Les villageois m’accueillirent chaleureusement. Il me fallait trouver quelqu’un pour effectuer la réparation de ma pompe à eau. Quand on tape trop fort sur la tôle ondulée de la piste, les pompes à eau subissent des dommages qui se réparent en ouvrant un bidon d’huile que tous les broussards avaient toujours dans leur voiture. On le soude sur le châssis pour une réparation provisoire et on peut poursuivre sa route. Je demandais au chef du village de rencontrer le forgeron. Après m’être nourri d’un poulet « crapaudine », un poulet grillé au feu de bois, et avoir satisfait aux règles de la courtoisie en usage, vint le temps d’écouter un récit du « griot », il me raconta avec force détails l’histoire du village, de son chef… Je fus époustouflé par le talent de ce conteur. Il développait son récit en ventant bien sur le Chef et sa lignée, mais ce que je trouvais remarquable, c’est que son histoire n’avait pas pour but de raconter l’histoire du village, mais, de créer chez moi des émotions pour que lorsque le jour serait levé et que je partirai en compagnie du forgeron qui avait accepté de faire les réparations pour que je puisse continuer ma route, je n’oublie pas de laisser un cadeau.
Qu’importe ce qu’il m’avait raconté, il avait vraisemblablement mêlé le vrai et le faux pour que son histoire soit crédible et remplie d’émotions, mais, ce qui était époustouflant c’est que ce vieillard sympathique à l’oeil canaille qui ne savait ni lire ni écrire, et qui, n’avait sans doute quitté son village que pour aller en forêt racontait merveilleusement bien. Je quittais le village une fois la réparation de fortune effectuée et je laissais un beau cadeau rien que pour le plaisir que m’avait procuré le griot…
Emmanuel Macron, est-il allé en côte d’ivoire pour y rencontrer des « griots » pour qu’ils lui apprennent à raconter?
Sans doute pas, mais c’était tentant pour moi d’écrire cela. La vie politique n’étant qu’une narration trompeuse et les griots africains ont un tel talent de conteurs…
Cordialement Camille Saintonge

votre héros veut mourir

Partager sa peine avec d’autres provoque un soulagement. Ces émotions qui nous traversent sont naturelles et débouchent sur le stade de l’acceptation.
Accepter de perdre ce à quoi l’on tient pour se rendre disponible à ce qui arrive, tel est l’enjeu dans la société.
Il y a toujours eu des actes « d’incivilité » à toutes les époques, mais aussi, des actes de solidarité.
Ces comportements sont un fil conducteur pour faire avancer un personnage dans un roman.
Votre héros ne doit pas chercher des solutions pour que sa vie ne change pas trop, mais, d’accepter et de se préparer à perdre ce à quoi il tient pour se rendre disponible à ce qui lui arrive et affronter son adversaire. Il va agir pour réaliser ce qui lui tient à coeur. Il n’a pas besoin d’optimisme, il est dans un moment où il se sent désespéré, il se concentre sur ce qu’il désire profondément et donne le meilleur de lui même. Il est dans un moment où il a désappris à espérer et maintenant il veut vivre en accord avec ses convictions en faisant ce qui lui semble juste.
Ceci implique qu’il découvre ce qu’il veut faire pour ce qui lui importe.
J’ai envie de citer une phrase de saint-exupery pour mieux faire toucher du doigt à mon lecteur et à ma lectrice l’état d’esprit du héros lorsqu’il arrive à la troisième partie du roman:
« ne commences pas par rassembler du bois, couper des planches et distribuer du travail, mais réveille au sein des hommes le désir de la mer grande et belle… »
Cordialement Camille Saintonge

Après la guerre vient la paix

Tous les conflits à un moment ou à un autre s’arrêtent. Celui qui crée le conflit le fait pour obtenir un avantage particulier lors des négociations qui s’ouvriront pour faire cesser le conflit.
Un dialogue dans un roman est un conflit, l’un des participants veut quelque chose que son adversaire ne veut pas lui accorder ou ne peut pas lui accorder.
Le dialogue va donc consister à obtenir une meilleure position pour avancer vers l’objectif.
Les échanges verbaux qui s’ensuivent portent bien leur nom. Les participants font des concessions par rapport à ce qu’ils voulaient initialement.
Si il n’y a pas de concessions, le dialogue est rompu, car, il ne peut pas aboutir pour que le conflit cesse, le conflit va se poursuivre jusqu’à ce que la situation évolue et puisse permettre des concessions.
Dans le roman, lorsque l’on crée un dialogue il a un objectif et lorsque deux personnes ont des échanges verbaux ils sont dans le conflit, sans cela le dialogue n’a pas sa raison d’être et doit être supprimé.
Le conflit et le dialogue par extension évoluent, soit parce que l’un des participants a obtenu une « victoire » et impose son point de vue par la force, soit parce que les deux participants fatiguent et considèrent que cela n’a plus d’intérêt, soit parce que les participants concluent un compromis.
Mais, le conflit ne cesse jamais. Lorsqu’il cesse c’est pour reprendre à un autre moment, souvent plus violent, plus déterminé, plus abouti.
L’élément déclencheur fournit au lecteur les éléments du conflit qui va durer durant tout le roman jusqu’à la victoire finale soit du protagoniste soit de l’antagoniste. Un roman qui se termine par une situation de compromis est frustrant pour le lecteur, car, celui-ci a besoin que l’histoire se termine. Or, elle ne peut se terminer que par une victoire ou une défaite du protagoniste. Le… à suivre… qui correspond à une situation de compromis n’est pas possible.
cordialement Camille Saintonge

les liens

Les liens qui unissent vos personnages entre eux sont importants à connaitre.
De ces différents rapports vont émerger des conflits qui vont pimenter votre histoire.
Vos personnages vont avoir des objectifs différents à atteindre qui vont nourrir les conflits. Si il n’y a pas de conflit, il n’y a pas d’histoire.
Il fait un temps superbe, la température est douce, je me promène. Ça ne devient intéressant que si une situation particulière ou un évènement spécial se produisent.
Les liens qui unissent vos personnages sont déterminants, car, de ces rapports vont surgir des situations qui vont permettre à l’histoire d’avancer et ou de créer des rebondissements. Ils sont le réseau de communication de votre roman, ils expliquent au lecteur qui comprend ce qui se passe, et, le pourquoi. Les enchainements des causes et des effets qu’elles entrainent sont votre histoire. Tout doit se tenir, car, rien dans un récit n’est isolé.
Même le choix des lieux n’est pas innocent. Les espaces étroits et confinés sont propices aux drames, aux suspenses… Le temps, le froid, le soleil, la pluie, l’hiver jouent un rôle dans un roman et créent une ambiance qui va contribuer à exprimer votre univers.
Les romans d’Agatha Christie se déroulent très souvent dans le cadre d’une propriété familiale. Ceux de Georges Simenon se passent dans des quartiers populaires, il fait gris, l’atmosphère est lourde…
Rappelez-vous que tous ces éléments constituent votre univers d’auteur, et que, si il plait à votre lectorat, votre livre leur plaira.
Chacun de nous à sa façon d’exprimer ses émotions, cette manière de faire qui est la vôtre est votre « griffe » d’auteur, elle permet non seulement à vos lecteurs et lectrices de retrouver un univers qui leur convient, mais, elle vous identifie et ainsi vos lecteurs et lectrices savent le style et l’ambiance qu’ils vont trouver dans vos romans.
Cordialement Camille Saintonge