Le Rhin

121909 – 20/194
Un grand fleuve de contes de fées inclus au patrimoine mondial de l’humanité.
Du Rhin romantique à la cathédrale de Cologne, c’est une excursion fantastique. 250km après Cologne on arrive à Rotterdam via Düsseldorf.
Le fleuve est aujourd’hui très fréquenté, porte containers et péniches de toute taille glissent le long du fleuve sans interruption.
J’avais des souvenirs lointains du Rhin vieux de plusieurs décades. À cette époque on pouvait le traverser à la nage sans danger, porté par le courant nous plongions à Bornhoffen le village dominé par le château des feinde Bruder et entrainé par le courant nous émergions à la surface 50 bons mètres plus loin, il suffisait de se diriger en direction de l’autre rive. Il suffisait de savoir flotter. Le courant dans le fleuve est si fort que la traversée se faisait sans avoir le temps d’y penser. Le fleuve était encore propre et pas trop fréquenté. Le passage d’une rive à l’autre dans le sens du courant était très facile. Le retour était plus compliqué si on ne voulait pas avoir à marcher pieds nus sur plusieurs kilomètres, il fallait prendre le bac pour traverser et revenir au village d’où on était parti.
Aujourd’hui, je ne pense pas que ce soit encore possible sans grands dangers. Le fleuve est maintenant pollué et ressemble à un bouillon de culture où personne n’oserait tremper un doigt sans aller le laver immédiatement. Les péniches et autres embarcations y sont très nombreuses et se croisent en permanence, C’est un immense défilé.
Le Rhin romantique de la Lorelei, ce rocher mythique, jusqu’à Coblence où le Rhin rejoint la Moselle reste un parcours magnifique. Les bateaux qui font la croisière s’arrêtent dans les villages typiques et superbes de cette vallée, et, les voyageurs en profitent pour monter dans les châteaux plus ou moins en ruines pour aller déguster un verre de vin blanc du Rhin dans des verres typiques de la région avant d’acheter quelques souvenirs.
Cordialement Camille Saintonge

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quiproquo

91909 – 19/194
Dans la mécanique de l’intrigue de très nombreux roman, il y a souvent une erreur sur la personne qui trompe le lecteur.
Un personnage se fait passer pour un autre, c’est un événement qui intervient dans la plupart des romans d’Agatha Christie. Le personnage utilise un déguisement, ou a changé d’identité, et prend la place de quelqu’un d’autre … Mais il y a aussi l’erreur banale qui transforme un évènement basique et le fait tourner en une catastrophe, c’est le cas de la victime qui a vu quelque chose avant de mourir et le révèle, mais les lettres du peignoir qui désignent l’assassin ont été vues dans un miroir par la victime… Ces circonstances fortuites captent l’attention du lecteur pour le pousser à lire la suite pour comprendre le fin mot de l’histoire qui n’est révélé qu’à la fin.
Ces erreurs sur la personne peuvent vite très mal tourner, le droit par exemple prévoit l’annulation d’un mariage lorsqu’il y a erreur sur la personne. Imaginez un instant avec la prolifération de la chirurgie esthétique et autres leurres de notre époque destinés à tromper les perspectives conflictuelles qu’offrent les quiproquos.
Les pièces de théatre de boulevard du siècle dernier nous fournissent d’excellents modèles pour voir les quiproquos en action. Mais, on en trouve dans toute la littérature, sous des formes variées. C’est dans la mécanique de tous les romans policiers.
Le quiproquo est une erreur que comment un personnage dans une histoire qui entraine à sa suite une suite de malentendus qui vont laisser le lecteur sur sa faim et l’empêcher de comprendre. C’est aussi à la suite d’une « révélation » ou de la découverte de la réalité que le personnage principal peut évoluer et changer de méthode.
La manipulation du quiproquo est donc une recherche importante à laquelle doit se livrer un auteur pour pimenter son roman.
Le quiproquo, c’est l’épice d’un roman. Il permet de résoudre des questions restées sans réponse, et, de résoudre des mystères cachés. C’est un outil incontournable dans un roman. Cette erreur de jugement due à des circonstances particulières permet à l’auteur de faire naitre des situations, des émotions, qui s’expliquent naturellement dés l’instant qu’elle a été comprise et découverte.
Cordialement Camille Saintonge

Les chemins de Compostelle

131908 – 6/194

Le Puy en Velay au coeur de l’Auvergne, point de départ pour le pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle.
Il n’y a pas un chemin, mais des chemins, pour se rendre à Saint-Jacques de Compostelle. Chaque « pélerin » part avec ses propres motivations en prenant le chemin qui lui correspond. Certains vont admirer le patrimoine , d’autres partent avec un esprit de rencontre, d’autres encore ont l’espoir de se trouver au bout du chemin…
Faire le choix de votre chemin est la première étape.
La voie du Puy-en-Velay également appelée « via Podiensis » conduisait jadis les pèlerins à partir de la cathédrale Notre Dame du Puy en Velay jusqu’à Santiago de Compostelle.
Ce chemin historique est un classique du pèlerinage vers St Jacques de Compostelle. L’itinéraire est beau, les paysages y sont variés, et, il est agrémenté de richesses architecturales et patrimoniales.
Le chemin débute dans les terres volcaniques du Velay et dans le pays du Gévaudan. Il se poursuit sur les hauts plateaux de l’Aubrac avant d’arriver dans la vallée du Lot, dans les Causses de Querey puis en direction du Sud-Ouest et des Pyrénées. Cette route traverse des lieux célèbres, Espalion, d’Estaing, le village de Conques, un incontournable sur ce trajet. Elle passe par Cahors, Moissac et Saint-Jean-Pied-de-Port.
Faites des étapes courtes pour n’avoir à cheminer que de trois à six heures par jour. Découpez votre parcours en étapes d’un maximum de vingt kilomètres. Il faut compter une quinzaine de jours pour arriver à Conques. La vue sur le village est saisissante lorsque l’on vient de l’est. La descente par la combe encaissée de l’Ouche et arrivées sur le Dourdan qui se jette un peu plus loin au nord dans le lot est éblouissante avant de découvrir le village de Conques avec ses toits pointus d’où surgissent les trois tours de l’abbatiale romane Sainte-Foy un joyau de l’architecture médiévale classée au patrimoine mondial par l’UNESCO. Franchissez le Dourdan sur son pont des pèlerins.
Beaucoup de marcheurs divisent leur trajet en périodes de une semaine avant d’aller retrouver leurs habitudes, puis lorsqu’ils sont disponibles à nouveau, ils reviennent poursuivre leur parcours sur la « Via Podiensis ». C’est une expérience pour ceux qui aiment marcher.
Cordialement Camille Saintonge

Analyse et propagande

61908 – 3/194
Quand l’analyse sert à la propagande
A une époque déjà lointaine regarder les informations à la télévision le matin en prenant mon petit déjeuner faisait partie de mon rituel. Je suis un lève tôt, et, entre 5 et 7 heures les informations étaient brèves pour chaque événement et plus variées que plus tard, lorsque les chaînes sont tenues de faire de l’audimat.
Mais, petit à petit les informations se sont réduites pour en arriver à ne faire que de la propagande pour le pouvoir en place. J’ai donc cessé de les regarder il y a déjà un temps certain.
Je regardais encore certaines émissions sur la 5 ou sur Arte, mais, le plus souvent en replay, car, ce qui m’intéresse supporte le décalage dans le temps.
Il y a quelques jours par hasard, En rentrant chez moi, une émission que j’avais appréciée dans le passé était diffusée. Je laisse la télévision allumée pour ma chienne lorsque je m’absente, pour lui tenir compagnie. Je me suis convaincu que elle aimait cela, personne n’est parfait.
Cette émission tournait autour d’un thème d’actualité, et, sa particularité était d’avoir autour d’une table des professionnels qui étaient réunis, et qui, apportaient une analyse du thème de l’émission.
Ma surprise fut grande d’entendre les dits professionnels dire que la France allait mieux et que, les Français croyaient que tout augmentait, Mais que, ce n’était qu’une croyance, Car la la France résistait etc. etc.
J’étais accroché malgré tout par les propos de ces gens que j’avais entendu dans le passé faire des analyses intéressantes. Ils énonçaient alors sans prendre parti des faits qui étaient développés sous un autre angle par les autres participants, mais, toujours dans la tolérance et le respect des idées de chacun. Les entendre s’engager dans une voie partisane plus proche de la propagande que de l’analyse, et où, les réalités du quotidien étaient complètement occultées m’interpella.
Je me félicitais d’avoir cessé de regarder la télévision et me promis de ne plus laisser ce genre de programme pour tenir compagnie à ma chienne.
Cordialement Camille saintonge

Relire Voltaire

171907 – 47/195
Je profite de ce mois de juillet pour relire Voltaire. Je prends plaisir à redécouvrir ce philosophe dont les écrits ont un caractère d’universalité.
Son ouvrage sur la tolérance reste un modèle du genre et hormis son anticléricalisme notoire qui ne se dément pas dans cette oeuvre on pourrait aisément l’adapter à notre époque de troubles et de folies humaines. Son objectif dans cet essai était de redonner au Toulousain jean Calas son honneur posthume puisque l’intolérance des hommes et surtout celle de l’église très puissante à son époque l’avait condamné et il en était mort.
« Nous avons assez de religion pour haïr et persécuter et nous n’en avons pas assez pour aimer et pour secourir » écrivait-il.
Il ajoutait en parlant des confréries de l’époque « ce serait un beau spectacle que l’Europe en capuchon et en masque, avec deux petits trous ronds au-devant des yeux ». Les capuchons et les masques pourraient facilement être remplacés pour être adaptés à notre époque, je vous laisse le soin de le faire vous-mêmes.
Il poursuit : « cet habit est un uniforme qui avertit l’adversaire de se mettre sous les armes, il peut exciter une espèce de guerre civile dans les esprits…
Nous nous apercevons que presque toute l’Europe a changé de face depuis environ une cinquantaine d’années. L’esprit humain s’étonne des excès où l’a emporté le fanatisme. L’intolérance a couvert la terre de carnages. Ne fais pas ce que tu ne voudrais pas qu’on te fit. En suivant ce principe, un homme peut-il dire à un autre « crois ce que je crois ou tu périras »?
Le fanatisme reste le même à toutes les époques et poursuit de sa haine ceux et celles qui plus tolérants acceptent que les hommes soient différents et aient des croyances diverses et variées. Les époques se suivent, mais, n’échappent pas à ce phénomène qui perdure depuis tant de siècles. La mondialisation malgré le brassage des peuples et les migrations n’y a rien changé. On retrouve toujours les mêmes excès.
Cordialement Camille Saintonge

Soyons heureux

141907 – 41/195
La lecture de romans peut constituer une remarquable thérapeutique pour résoudre certains de nos problèmes. Le plus difficile est de trouver celui qui convient au bon moment.
C’est en lisant « stupeur et tremblement » de la romancière Belge Amélie Nothomb , que je me suis rendu compte que tout ce que subissait son héroïne dans le roman pouvait constituer une excellente thérapeutique pour quelqu’un qui souffrirait de harcèlement au bureau en comparant la souffrance de l’héroïne avec celle que subit une victime dans la vie.
Pour ceux et celles qui adhèrent à cette idéologie moderne qui considèrent que la science est un outil pour tout prévoir, ils oublient que l’on peut toujours a postériori trouvé des causes à ce qui s’est passé, mais par exemple, les attentats du 11 septembre à New York sur les deux tours jumelles ont surpris tout le monde. Mais, cet évènement imprévisible a bel et bien existé.
En fait, croire que l’avenir est largement prévisible c’est se rendre malheureux inutilement. Car, le hasard existe bel et bien et il est plus important que les soi-disant prédictions.
Alors pourquoi se culpabiliser. Soyons heureux ici et maintenant sans se tourmenter pour un avenir imprévisible et incertain. Je sais, le réchauffement climatique… Mais demain n’appartient à personne.
Notre vision du monde est parcourue par de nombreux courants qui varient avec chaque époque. Ces différentes tendances peuvent être ramenées dans l’écriture à quatre grandes options :
le classicisme, le romantisme, le baroque et le précieux. Elles jettent un éclairage intéressant sur les différents styles artistiques actuels.
L’homme se déporte vers le rationnel le réalisme et l’ordre social : C’est le classicisme.
L’homme se tourne vers sa subjectivité, ses sentiments et entre en lutte contre la société : c’est le romantisme.
Quand l’homme se tourne dans une autre direction, il se matérialise en insufflant une âme à la matière : c’est le baroque.
Lorsque nous avons une opposition entre la raison et l’émotion et le réalisme contre l’imagination nous avons le genre précieux.
Ces quatre tendances sont notre univers littéraire. Mais en réalité on peut construire deux types de récits : soit des illiades, soit des odyssées. Ils entrainent deux types de scénarios et deux types de héros. Mais, la question qui se pose toujours est : Le héros est-il adapté à son environnement? Après quel bonheur coure t-il ?
Cordialement Camille Saintonge

Nos émotions

121907 – 39/195
Nos émotions ne sont pas si nombreuses que cela et, l’intrigue d’un roman c’est l’exposition d’une émotion principale qui est un fil conducteur. Qu’il soit question d’une tentative audacieuse où l’on va retrouver l’objet de la tentative et l’adversaire qui veut la faire échouer ou d’un enlèvement qui va faire intervenir un ravisseur, la chose ou l’individu ravi, et le gardien, les schémas depuis la nuit des temps restent les mêmes.
Seules les émotions qui constituent l’intrigue changent avec les possibilités qu’offrent toute intrigue.
L’intrigue a toujours trois volets au moins, dans une énigme par exemple, il y a celui qui s’interroge, celui qui cherche et la problématique.
Le lecteur ignorant tout de l’histoire et curieux, cherche avec le héros à résoudre le problème et s’absorbe tellement dans cette recherche (l’auteur fait tout pour cela) que l’on pourrait croire qu’il en va de sa vie. C’est le combat de l’intelligence contre ce qu’a voulu celui ou celle qui est à l’origine de l’énigme.
Quelque soit l’émotion qui est à la base de l’intrigue elle existe depuis la nuit des temps et a déjà été utilisée dans l’écriture un nombre considérable de fois. Mais, elle n’a pas été encore écrite par vous.
Goethe déclarait qu’il s’inspirait de ce que d’autres avaient écrits avant lui pour bâtir ses intrigues et il faisait de même pour certaines scènes qu’il avait trouvé inspirantes chez d’autres auteurs.
Vous avez le choix entre une dizaine de milliers de personnages rien que dans la littérature grecque que vous pouvez faire évoluer sous vos yeux en relisant ces textes anciens. C’est déjà énorme pour l’espace dédié à un roman et si vous ajoutez à cela les principaux textes publiés depuis ces temps anciens jusqu’à nos jours un auteur ne manque pas de matière pour s’inspirer.
On retrouve dans tout ce qui a été écrit y compris la bible, le défilé des 36 émotions qui font se mouvoir les êtres humains.
Cordialement Camille Saintonge