lecture et écriture

42012 – 22/208
Dans la conjoncture actuelle on apprend beaucoup de l’écriture. Écrire un roman obéit à des règles qui existent depuis la nuit des temps. Mais l’évolution de notre environnement va certainement modifier des conceptions, des habitudes, et modeler une autre façon de travailler.
On a découvert avec le confinement et le télétravail qu’il fallait modifier nos habitudes de travail et adopter des rythmes différents. Quand pendant le confinement il fallait perdre deux heures à faire la queue pour s’approvisionner, c’était du temps qui était volé à notre temps de travail.
Nos routines de travail en ont souffert, et, il a fallu rallonger nos délais d’écriture ou travailler plus longtemps ou adapter nos heures d’écriture ou encore augmenter notre rendement.
L’habitude d’une action à une heure précise pour une durée déterminée n’est plus aussi rigide. Le maître mot qui s’impose maintenant est adaptation.
Le public quelque soit va-t-il lire davantage ? Choisira-t-il le livre électronique de préférence aux œuvres papier. Le public cible est également en train d’évoluer par la force des choses. Déjà dans le travail, mais aussi dans les loisirs il y a eu des changements, les aspirations Des uns et des autres évolue rapidement…
Le frein mis sur les voyages à l’étranger va-t-il contribuer au développement de la lecture des romans de voyage ? Le fantastique qui attirait déjà de nombreux lecteurs va-t-il poursuivre sa percée et évoluer vers un univers qui permettra à ses lecteurs d’oublier le présent ? Cordialement Camille Saintonge

Frustrant

12012 – 20/208
La lecture de l’instant présent de Guillaume Musso m’a laissé un sentiment désagréable. Je n’ignore pas que c’est un des auteurs les plus lu en France, pourtant, malgré cette renommée et ses succès je n’ai pas aimé. L’écriture est agréable les obstacles se succédent et font tourner les pages aux lecteurs qui lira cet ouvrage d’une traite, mais, je n’aime pas l’impression de malaise qu’il m’a laissé en le refermant. Je ne lis pas un ouvrage pour qu’il me laisse un goût malsain dans la bouche. Son univers ne me convient pas. J’en lirai cependant un autre, car j’ai besoin d’avoir une confirmation de mes sensations avant de le mettre dans la liste des auteurs que je souhaite éviter.
Je lui ai mis trois étoiles, je ne pouvais pas en mettre deux car c’est bien écrit on le lis facilement mais l’ensemble ne m’a pas satisfait.
L’univers d’un auteur est vraiment très important lorsque l’on choisit un livre. Trop de surnaturel m’est désagréable. J’avais rencontré le même Rejet envers un autre auteur aux ventes spectaculaires : Stephen King. J’aurais d’ailleurs pu faire la même réflexion je l’ai sans doute faite. Écriture fluide, agréable, enchaînement des obstacles entraînant une tournée des pages qui vous entraine à poursuivre la lecture jusqu’au bout, mais au final, lecture qui laisse une mauvaise impression. Trop de lapins qui sortent du chapeau c’est pour moi frustrant.
Cordialement Camille Saintonge

le succés est dans le ciblage

302011 – 19208
Y a-t-il une technique pour écrire un roman à succès ? La question est intéressante mais pas très honnête. Car, il ne s’agit pas d’écrire un roman à succès mais d’avoir une réussite particulière dans la diffusion d’un roman.
Avoir du succès implique d’avoir une large communauté qui aime votre univers et les histoires que vous racontez. On n’écrit pas un roman à succès. On écrit le roman que l’on a envie d’écrire, et, qui rencontre le succès parce qu’il plaît à une large communauté.

Pour plaire à un large public, il faut que le public commence par savoir que vous exister. Pour cela vous devez impérativement avant d’écrire la première ligne savoir à qui vous vous adressez.
C’est en choisissant à qui vous voulez plaire que vous pourrez vraiment toucher un lectorat, qui vous convient. Le meilleur exemple récent c’est Harry Potter qui a rencontré un succès planétaire, mais, qui avant cela a été écrit pour un public bien ciblé, et, ce publique bien ciblé a fait le reste. Le bouche-à-oreille a fonctionné, et, la tranche d’âge ciblée s’est agrandie au cours du temps et des tomes successifs.
Plus vous ciblerez votre lectorat, plus vous lui parlerez de choses qu’il a envie d’entendre et de lire. Il faut donner aux lecteurs ce qu’ils veulent. Barbara Cartland a fait son succès avec ses romances à caractère historique qui s’adressaient à un public particulier. Agatha Christie a fait de même avec ses policiers et Hercule Poirot son héros belge. Jean Bruce a vendu une foultitude de roman d’espionnage avec OSS 117. SAS a fait la fortune de son auteur etc.
Ciblez votre lectorat, mieux vous connaîtrez votre lecteur ou votre lectrice type, plus votre possibilité d’avoir du succès grandira.
Cordialement Camille Saintonge

pourquoi écrivez-vous

292011 – 18/208
J’écris avant tout parce que je prends beaucoup de plaisir à écrire. L’écriture me permet de me confronter à mes propres idées.
Lorsque j’écris je m’efforce de le faire bien, c’est-à-dire, du mieux que je peux avec mes capacités et mes moyens. Je m’intéresse beaucoup aux autres, c’est non seulement le moyen de comprendre le fonctionnement des autres et d’adapter mon casting au rôle que je veux faire jouer à mes personnages dans un roman, mais, également d’approfondir mon moi profond.
Mon dernier objectif, consiste, à apporter à mes lecteurs et à mes lectrices de la bonne humeur et un peu de bonheur. À passer un moment agréable.
Ces trois derniers points sont conformes à mon univers et aux valeurs personnelles que j’ai respectées autant que j’ai pu dans ma vie : faire les choses bien, m’intéresser aux autres, et, apporter de la joie et du bonheur autour de moi.
Et vous, avez-vous réfléchi à pourquoi vous écrivez ou vous voulez écrire ? Avez-vous un genre particulier dans lequel vous souhaitez écrire : policiers, aventures, thriller, romance etc.
Si c’est le cas chercher à écrire dans un autre genre, peut-être que ce nouveau genre vous apportera de nouvelles satisfaction qui vous surprendront.
Mais surtout, lisez beaucoup dans le genre que vous voulez essayer, car, chaque genre a ses règles que le lecteur ou la lectrice d’un genre aime retrouver. Tant que vous ne vous êtes pas essayé dans un genre, vous ne savez pas s’il va vous convenir ou pas. Tous les grands auteurs ont fait cela, ils sont passés d’un genre à un autre avant de trouver celui qui leur convenait, et de rencontrer un lectorat qui les a surpris le plus souvent, et, auquel ils ne s’attendaient pas.
Cordialement Camille Saintonge

votre lecteur ou lectrice

272011 – 16208
Georges Brassens a écrit une chanson où il disait en parlant d’une péripatéticienne : on ne bouge pas son popotin de la même façon pour aguicher un sacristain ou un notaire…
Il en va de même pour l’écriture d’un roman. On n’écrit pas de la même façon lorsque l’on s’adresse à un lectorat de moins de 20 ans ou à des lecteurs ou lectrice de 50 ans et plus.
Le public cible d’un auteur doit être clairement défini si il veut toucher une communauté ciblée.
En définissant votre lecteur ou lectrice type vous allez donner à votre écriture et à votre roman un style qui conviendra à ce lectorat.
On n’écrit pas pour tout le monde, car, à vouloir plaire à tout le monde on ne plaît à personne. C’est seulement en ciblant son public que l’on peut se constituer une large communauté.
Ceux et celles qui aiment ce que vous écrivez en parlerons à d’autres qui à leur tour vont faire fonctionner le bouche-à-oreille.
272011 – 16/208
Le genre de livre que vous avez choisi d’écrire va également définir la cible que vous allez séduire.
Si vous écrivez un roman policier, aussi bon soit-il, il ne concerne que ceux et celles qui aiment ce genre de roman, les autres n’aimeront pas.
C’est donc la combinaison du genre avec un public ciblé qui va déterminer votre électorat. Le lecteur ou la lectrice doit donc dans les premières pages de votre roman trouver la matière qui va lui dire si ce roman est pour lui ou non. Si ce n’est pas le cas votre ouvrage risque de passer à côté de ses vrais lecteurs.
cordialement Camille Saintonge

Le genre

2 20 07 – 5/208
Le genre
L’on peut raconter une histoire à partir de l’une des 36 situation dramatique classique, mais il y a une chose qui paraît négligeable et qui ne l’est pas : c’est le genre.
Dans quel rayon le libraire qui reçoit votre livre va-t-il le ranger ?
Est-ce un policier, un roman historique, une fiction fantastique, une romance, un livre d’espionnage…
La réponse à cette question est fondamentale, et, doit être l’une des premières auxquelles un auteur doit répondre avant d’écrire la première ligne de son roman.
Pour bien vous imprégner du genre que vous voulez écrire, il convient de lire beaucoup de livres du même genre, écrits par des auteurs différents.
Il y a un procédé intéressant pour un auteur, qui consiste, à partir d’un ouvrage dans un genre déterminé à écrire la suite de ce même ouvrage. C’est un travail à exécuter qui est très riche en enseignements si on le fait consciencieusement. On peut soit écrire la suite à sa propre façon, soit faire une suite : à la manière de… ce qui implique de se mettre dans les chaussures de l’auteur que l’on parodie.
Mais, quelque soit la forme choisie, l’exercice vaut la peine d’être exécuté. Le conte de Monte-Cristo a été réécrit plusieurs centaines de fois par de très nombreux auteurs. Son intrigue plait toujours autant aux lecteurs, un personnage victime d’une injustice qui rebondit, et décide de se venger. En fonction des personnages en présence on peut choisir une thématique variée, Et, multiplier les genres.
Bon entraînement à l’écriture.
Cordialement Camille saintonge

jusqu’à ce que mort s’ensuive

212004 – 17/206
Les déclarations des politiques n’engagent que ceux qui les croient déclarait Charles Pasqua lors d’un interview télévisé.
C’est toujours vrai. Les déclarations incohérentes et contradictoires sur cette épidémie même si elles sont du domaine de la propagande ont sournoisement transformé le confinement en pantalonnade. Les choix sont toujours difficiles, et il n’était pas possible de dire à la population qu’en cas de saturation des lits de réanimation on choisirait de sauver les plus jeunes. Cet épisode dramatique de notre histoire va faire au moins 200000 victimes dans le pays. Il aurait pu servir à faire évoluer le système vers quelque chose de plus humain, plus proche des valeurs traditionnelles qui ont permis à notre pays de progresser dans le temps.
Mais, le gouvernement a cédé aux pressions du capital et lève le confinement pour relancer l’économie.
L’amérique reprend la main, elle a besoin du gaspillage de la surconsommation pour relancer sa machine économique et qu’importe le nombre de victimes, surtout que ce seront en particulier aux états-unis les plus démunis qui en paieront le prix faute de pouvoir accéder aux soins.
En France, les personnes âgées payent déjà un lourd tribut faute d’une gestion efficace de la pandémie qui va aller en s’accélérant à la fin de ce confinement annoncé. Le choix politique est déjà annoncé et accepté par la population préparée par une propagande permanente.
Pénurie de masques, de médicaments… En quatre mois, le pays n’a pas été capable de mettre en place une politique pour tester la population…
Le bacille de Koch lorsqu’il a été découvert avait fait des victimes pendant des milliers d’années. On a alors testé et isolé et aujourd’hui la tuberculose reste redoutable, mais nous vivons avec sans inquiétude particulière.
Allons nous continuer à détruire notre planète au profit du capital jusqu’à ce que mort s’ensuive?
Cordialement Camille Saintonge

Des questions pour avancer

92004 –
Même lorsque la question n’est pas nettement formulée, chaque roman, chaque histoire et chaque article est finalement constitué par des questions «et si…».

Questions commençant par:
Et qu’est-ce qui se passerait si…
Pourquoi…
Comment puis-je…
Quoi, quand, qui, pourquoi pas…
Le but de ces questions est de vous forcer à sortir des sentiers battus et de vous permettre d’écrire un concentré de votre récit que l’on appelle la prémisse.
Commencez à écrire votre prémisse en répondant aux questions ci-dessous :
Qui est le protagoniste?
Quel adversaire va créer des obstacles pour empêcher le protagoniste d’atteindre son but?
Quelle catastrophe au premier point d’intrigue va déclencher le principal conflit de votre deuxième acte?
Comment l’opposition de l’antagoniste pour empêcher le protagoniste d’atteindre l’objectif du protagoniste créera-t-elle le conflit principal?
Utilisez vos réponses à ces questions pour créer une prémisse de deux phrases, ci-dessous vous trouverez un exemple d’une prémisse (Star Wars: Un nouvel espoir réalisé par George Lucas):
Un garçon de ferme agité (situation) Luke Skywalker (protagoniste) ne veut rien de plus que de quitter la maison et devenir pilote de chasse, afin d’être à la hauteur de son mystérieux père (objectif). Mais, lorsque sa tante et son oncle sont assassinés (désastre) après avoir acheté des droïdes renégats, Luke doit libérer la belle propriétaire des droïdes et découvrir un moyen d’arrêter (combattre) l’Empire maléfique (adversaire) et son étoile de la mort apocalyptique.
On constate que cette prémisse pose les bases de l’histoire que l’on connait et l’on y retrouve les ingrédients de base. Rien n’est expliqué ni élucidé et il y a de nombreuses lacunes, mais l’histoire est posée et c’est en bouchant les trous que l’histoire va pouvoir avancer.
cordialement Camille Saintonge

La peur et l’espoir

312003 –

la plupart des romans s’appuient sur des schémas de narration très anciens. Il est important de connaître ces systèmes.

La peur et l’espoir

La majorité des histoires est construite sur l’opposition d’un héros aux projets funestes d’un « méchant ». Ce sont la peur et l’espoir qui représentent leurs motivations principales. Les résultats de leurs actions, sont constructifs ou destructeurs.

Le héros a conservé sa foi en l’humanité et dans ses valeurs positives (la force de l’amour, par exemple). Mais, maintenant, les choses vont plutôt mal…, mais il va se battre pour régler ce qui cloche, et ensuite, tout le monde sera content et heureux (c’est en tout cas ce qu’il espère).

Dans cette optique, le héros est quelqu’un de constructif ou de conservateur. Il répare ce qui est cassé, ou empêche le méchant de casser quelque chose. Dans la version caricaturale du héros, on a le sentiment qu’il n’a peur de rien (il est infiniment courageux).

De son côté, le méchant a beaucoup souffert (c’est pour ça qu’il est devenu méchant). Il n’a plus d’espérance, ne croit plus en rien (si ce n’est en lui-même) et veut se venger du monde. Il est donc destructeur. Il a peur de souffrir encore davantage et veut détruire la cause de sa souffrance.

Le héros incarne l’espérance et se montre constructif, tandis que le méchant incarne la peur et se montre destructeur.

Le héros devient destructeur

Le héros se met en colère au cours de laquelle il va se montrer très méchant. Mais, cela ne va pas durer longtemps, et l’on constate qu’il se livre à du nettoyage plutôt qu’à de la destruction.

Sous les apparences d’un comportement destructeur, sa finalité reste bien constructive (rendre le monde meilleur).

Le héros est désespéré

Il ne croit plus en rien et affirme à qui veut l’entendre que le monde est pourri. Le flic alcoolique (et dépressif) est l’un des clichés qui illustrent ce thème.

Mais une part du héros va finalement s’éveiller à l’amour et à l’espoir. C’est une variante du thème de la rédemption.

Pour que l’intrigue fonctionne, il faut que l’évolution positive du héros ne soit pas trop prévisible. Faites douter le lecteur.

Le héros a peur

S’il trouve le courage de combattre le méchant, il a quant même peur. Mais il va finir par apprendre de nouvelles techniques et tout ira mieux.

Le méchant prétend être constructif

S’il veut lancer une bombe atomique sur une grande capitale, c’est pour nettoyer la ville. Il affirme que ses intentions sont parfaitement honnêtes et constructives. S’il est assez persuasif, il peut éveiller un doute intéressant dans l’esprit du lecteur.

Le méchant est plein d’espoirs

Il croit en la possibilité d’un monde meilleur dans lequel tout le monde s’aimera et sera heureux. Pour concrétiser son espoir, il va devoir détruire la moitié de la population mondiale. Mais, pour lui, la fin justifie les moyens…

Le méchant prétend qu’il n’a pas peur

S’il tue, ça n’a rien de personnel: il aime la couleur du sang ou le spectacle d’une ville qui flambe…

Dans la plupart des cas, le héros est un cinglé, car il faut évidemment être fou pour se moquer de la morale au point de lui privilégier des considérations esthétiques.

Cordialement Camille Saintonge

la méthode Lester Dent

292003 –

Lester Dent (1904 – 1959) est un auteur américain de Pulp fiction (littérature populaire) qui s’est rendu célèbre avec la série de Doc Savage. Voici ci-dessous sa méthode d’écriture qui est citée en référence par un grand nombre d’écrivains américains contemporains.

Introduction

Il s’agit d’une recette qui pourra s’appliquer à l’écriture de tout roman populaire de 6 000 mots. Cette méthode a démontré son efficacité sur des récits d’aventures, des romans policiers, des romans de guerre et des westerns. Elle explique où placer chaque élément du récit qu’elle découpe en quatre segments de mille-cinq cents mots chacun.

Voici comment ça commence :

1 – Le méchant utilise une méthode criminelle inventive.

2 – Le méchant poursuit un objectif inventif.

3 – Le contexte est inventif.

4 – Une sombre menace plane sur le héros.

Lorsque l’un de ces éléments est original, c’est bien. Quand il y en a deux, c’est encore mieux et quand c’est trois, c’est formidable. Avoir tous ces éléments à l’esprit avant d’écrire votre histoire vous sera d’un grand secours.

La méthode inventive que le méchant utilise pour commettre son forfait doit être inventive, et de préférence originale. S’il vous vient des idées telles que le pistolet, le poignard, l’acide sulfurique, le garrot, les aiguilles empoisonnées, le scorpion et quelques autres, dressez-en la liste pour voir comment les améliorer. Un scorpion et son dard empoisonné ? Peut-être des moustiques ou des mouches infectés avec un germe toxique ?

Si les victimes sont assassinées par une méthode banale, mais qu’on les retrouve dans des circonstances étranges et communes à chaque meurtre, ça peut également fonctionner, à condition que le lecteur ignore jusqu’à la fin de quelle façon elles ont été tuées.

Le coup des victimes retrouvées avec une marque d’araignée, de papillon ou de chauve-souris sur le corps a déjà été utilisé.

Mieux vaut également éviter les méthodes de meurtre trop étranges, fantaisistes ou grotesques.

L’objectif inventif que poursuit le méchant doit être représenté par autre chose que des bijoux, le butin d’une banque, des perles ou un objet ancien.

Mais là encore, on évitera les idées trop bizarres.

Un contexte original ? Facile ! Il suffit de le choisir en rapport avec le procédé original que le méchant utilise pour commettre ses meurtres, ou alors avec le trésor (ce après quoi court le méchant). Il est pratique de choisir un endroit familier où vous avez vécu ou travaillé. Un trop grand nombre de romans populaires se privent de cette facilité. Mieux vaut dans ce cas être correctement documenté sur le lieu choisi.

Pour apporter un peu de couleur locale dans un récit. Si l’histoire se déroule en Égypte, par exemple, recherchez un livre du genre Les phrases usuelles en égyptien. Quand un personnage égyptien veut demander « Quel est le problème ? », mon livre m’apprend que ça se traduit par « El Khabar, eyh ? » et ce sont les mots que je mets dans la bouche de mon personnage. Le texte peut être suffisamment explicite par ailleurs pour que ça devienne évident, ou alors un autre personnage peut répéter la phrase en français. Il faut éviter d’interrompre le récit pour fournir une traduction au lecteur. Mon but est de convaincre mes lecteurs que je sais de quoi je parle.

Voyons à présent la deuxième partie de la construction.

Divisez votre projet en quatre parties égales de 1 500 mots. Voici comment compléter chacune de ces parties :

Première tranche de 1 500 mots

1 – Dès la première ligne, ou dès que possible, présentez le héros et plongez-le dans une situation très difficile. Évoquez un mystère, une menace ou un problème à résoudre, quelque chose auquel il doit faire face.

2 – Le héros prend ses problèmes à bras le corps. (Il décide de résoudre le mystère, de vaincre la menace, ou de régler le problème.)

3 – Introduire tous les autres personnages dès que possible. Faire en sorte qu’ils apparaissent dans le cours de l’action.

4 – Les efforts du héros l’entrainent dans un combat physique vers la fin des 1 500 premiers mots.

5 – Toujours vers la fin des 1 500 premiers mots, l’intrigue rebondit de façon absolument inattendue.

Demandez-vous à ce stade :

Pèse-t-il toujours une menace sur le héros ?

Est-ce que tout se déroule de façon logique ?

L’action ne doit pas se contenter de faire avancer le héros dans le paysage.

Deuxième tranche de 1 500 mots

1 – La situation du héros s’aggrave.

2 – Mais le héros étant héroïque, il se débat. Et ses luttes l’amènent à :

3 – Un autre combat physique.

4 – Un rebondissement surprenant à la fin de ces 1 500 mots.

Demandez-vous à ce stade :

Est-ce que cette deuxième partie comporte du suspense ?

Est-ce que la menace se répand comme un nuage sombre ?

Est-ce que la menace se développe sans que le héros en ait conscience ?

Cette deuxième partie se déroule-t-elle de façon logique ?

Ne dites pas! Montrez!

C’est l’un des secrets de l’écriture : ne jamais expliquer les choses au lecteur – lui montrer. (Il tremble, ses yeux roulent dans ses orbites, sa mâchoire tombe, etc.) Faites en sorte que le lecteur voie les choses.

Lors de l’écriture, il est bon d’aménager au moins une petite surprise par page. On peut alors raisonnablement espérer qu’on parviendra à maintenir l’intérêt du lecteur pour le récit. Cet objectif ne demande pas de gros efforts. Une façon d’y parvenir consiste par exemple à induire le lecteur en erreur : le héros examine la scène du crime. La porte située derrière lui commence à s’ouvrir lentement. Il ne s’en rend pas compte. Il continue son examen tranquillement. La porte s’ouvre de plus en plus largement, jusqu’à ce que (surprise !) l’une des vitres de la fenêtre se fracasse dans la pièce. On comprend que c’est le souffle de l’air entrant par la fenêtre qui a ouvert la porte. Pourquoi la vitre vient-elle de tomber ? Mystère…

Pour caractériser un personnage, il faut enfoncer l’une de ses particularités dans l’esprit du lecteur. Collez-lui une étiquette !

Construisez votre segment de façon à ce que l’action y soit permanente.

Troisième tranche de 1 500 mots

1 – Accumulez les problèmes et les douleurs du héros.

2 – Le héros progresse, il se confronte au méchant ou à quelqu’un d’autre dans :

3 – Un combat physique.

4 – À la fin de cette partie, imaginez un rebondissement étonnant qui représente – de préférence – une mauvaise surprise pour le héros.

Demandez-vous à ce stade :

Demeure-t-il du suspense ?

La menace s’aggrave-t-elle ?

Le héros se retrouve-t-il dans un enfer inextricable ?

Les choses se déroulent-elles de façon logique ?

Ces concepts et méthodes servent uniquement à faire en sorte que vous introduisiez une bagarre et des rebondissements étonnants, tout ça dans une ambiance pleine de suspense et de menaces.

Veillez à ce que les combats qui émaillent vos différentes parties soient différents les uns des autres. Si le premier combat est un corps à corps, le suivant peut prendre l’allure d’un pugilat de groupe. Idem pour les gaz toxiques et les épées. Il existe évidemment des exceptions : un héros doté d’une arme secrète, ou de poings en acier, pourra les utiliser plus d’une fois.

L’idée est d’éviter la monotonie.

ACTION : Vive, rapide, sans mots inutiles. Créer du suspense, amener le lecteur à voir et à ressentir l’action.

AMBIANCE : Les bruits, les odeurs, la vue, le toucher et le goût.

DESCRIPTION : Les arbres, le vent, le panorama et l’eau.

Le secret est de faire en sorte que chaque mot compte.

Quatrième tranche de 1 500 mots

1 – Les difficultés du héros s’aggravent encore.

2 – Faites en sorte que le héros soit submergé de problèmes (par exemple : le méchant l’a fait prisonnier et le fait passer pour coupable d’un meurtre ou d’un kidnapping, tout est perdu, et le méchant est sur le point de réaliser son objectif, pour le plus grand malheur de l’humanité.)

3 – Le héros s’en sort en utilisant ses propres compétences, sa formation ou ses muscles.

4 – Les mystères restants – un grand mystère demeuré obscur jusqu’à ce stade aidera à maintenir l’intérêt pour les autres – seront enfin résolus au cours du conflit final, tandis que le héros reprend la situation en main.

5 – Rebondissement final : une grosse surprise (le méchant se révèle être quelqu’un d’autre que celui que l’on soupçonnait, la malle au trésor ne contient que du sable, etc.)

6 – Le climax, le combat décisif qui met fin à la menace de l’antagoniste.

Demandez-vous à ce stade :

Le suspense a-t-il tenu jusqu’à la dernière ligne ?

La menace est-elle demeurée inquiétante jusqu’au bout ?

Tout a-t-il été expliqué ?

Est-ce que tout est logique ?

La dernière ligne laisse-t-elle au lecteur une sensation de chaleur ?

Le méchant est-il mort? Ou le héros?

Cordialement Camille Saintonge