le romancier, quelles tâches?

151909 – 21/194
Les différentes épreuves que doit franchir un romancier avant de rédiger son roman sont multiples.
Tout part d’une idée d’un roman qu’il a envie d’écrire. Mais, encore faut-il qu’il s’assure que son idée est en mesure de faire un roman de quelques 80000 mots.
Une fois l’idée posée, il doit en faire le pitch. C’est le schéma de vente de l’idée. Il se construit en une cinquantaine de mots, il expose l’idée, et contient la question sous-jacente que va se poser le lecteur.
Prenons un exemple: C’est l’histoire d’un jeune homme qui a peur de l’eau et qui décide de participer à un concours de natation pour séduire une jeune fille attirée par les nageurs.
Mais, pour participer à ce concours, le jeune homme devra tout d’abord vaincre sa peur de l’eau et combattre son rival nageur performant pour séduire la jeune personne chère à son coeur.
La question inhérente, c’est : le jeune homme qui à peur de l’eau parviendra t-il à séduire la jeune fille?
Une fois son pitch rédigé il va devoir structurer son roman. Pour cela il va devoir décider des points de passages obligatoires de son roman et les mettre en place.
Puis, ce sera au tour de l’intrigue et de la mise en place dans chaque chapitre des scènes qui vont se succéder pour faire avancer l’histoire. À ce stade il devra vérifier la cohérence et la crédibilité de son histoire.
Ce sera le tour du casting, qui va consister à trouver les caractéristiques de chaque personnage du roman. Quelles qualités doit avoir le héros, quelle faille personnelle doit il dépasser? Il en va de même pour tous les personnages.
Pour atteindre cet objectif, il lui faut bien connaitre non seulement les personnages, mais aussi leur passé.
C’est en créant des fiches personnages qui révèlent tout sur chaque personnage y compris ce qui les lie que l’on parvient facilement à donner une certaine épaisseur à chacun d’eux. Ces fiches sont la matière ou puisera l’auteur pour étoffer son récit.
Cordialement Camille Saintonge

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Le Rhin

121909 – 20/194
Un grand fleuve de contes de fées inclus au patrimoine mondial de l’humanité.
Du Rhin romantique à la cathédrale de Cologne, c’est une excursion fantastique. 250km après Cologne on arrive à Rotterdam via Düsseldorf.
Le fleuve est aujourd’hui très fréquenté, porte containers et péniches de toute taille glissent le long du fleuve sans interruption.
J’avais des souvenirs lointains du Rhin vieux de plusieurs décades. À cette époque on pouvait le traverser à la nage sans danger, porté par le courant nous plongions à Bornhoffen le village dominé par le château des feinde Bruder et entrainé par le courant nous émergions à la surface 50 bons mètres plus loin, il suffisait de se diriger en direction de l’autre rive. Il suffisait de savoir flotter. Le courant dans le fleuve est si fort que la traversée se faisait sans avoir le temps d’y penser. Le fleuve était encore propre et pas trop fréquenté. Le passage d’une rive à l’autre dans le sens du courant était très facile. Le retour était plus compliqué si on ne voulait pas avoir à marcher pieds nus sur plusieurs kilomètres, il fallait prendre le bac pour traverser et revenir au village d’où on était parti.
Aujourd’hui, je ne pense pas que ce soit encore possible sans grands dangers. Le fleuve est maintenant pollué et ressemble à un bouillon de culture où personne n’oserait tremper un doigt sans aller le laver immédiatement. Les péniches et autres embarcations y sont très nombreuses et se croisent en permanence, C’est un immense défilé.
Le Rhin romantique de la Lorelei, ce rocher mythique, jusqu’à Coblence où le Rhin rejoint la Moselle reste un parcours magnifique. Les bateaux qui font la croisière s’arrêtent dans les villages typiques et superbes de cette vallée, et, les voyageurs en profitent pour monter dans les châteaux plus ou moins en ruines pour aller déguster un verre de vin blanc du Rhin dans des verres typiques de la région avant d’acheter quelques souvenirs.
Cordialement Camille Saintonge

quiproquo

91909 – 19/194
Dans la mécanique de l’intrigue de très nombreux roman, il y a souvent une erreur sur la personne qui trompe le lecteur.
Un personnage se fait passer pour un autre, c’est un événement qui intervient dans la plupart des romans d’Agatha Christie. Le personnage utilise un déguisement, ou a changé d’identité, et prend la place de quelqu’un d’autre … Mais il y a aussi l’erreur banale qui transforme un évènement basique et le fait tourner en une catastrophe, c’est le cas de la victime qui a vu quelque chose avant de mourir et le révèle, mais les lettres du peignoir qui désignent l’assassin ont été vues dans un miroir par la victime… Ces circonstances fortuites captent l’attention du lecteur pour le pousser à lire la suite pour comprendre le fin mot de l’histoire qui n’est révélé qu’à la fin.
Ces erreurs sur la personne peuvent vite très mal tourner, le droit par exemple prévoit l’annulation d’un mariage lorsqu’il y a erreur sur la personne. Imaginez un instant avec la prolifération de la chirurgie esthétique et autres leurres de notre époque destinés à tromper les perspectives conflictuelles qu’offrent les quiproquos.
Les pièces de théatre de boulevard du siècle dernier nous fournissent d’excellents modèles pour voir les quiproquos en action. Mais, on en trouve dans toute la littérature, sous des formes variées. C’est dans la mécanique de tous les romans policiers.
Le quiproquo est une erreur que comment un personnage dans une histoire qui entraine à sa suite une suite de malentendus qui vont laisser le lecteur sur sa faim et l’empêcher de comprendre. C’est aussi à la suite d’une « révélation » ou de la découverte de la réalité que le personnage principal peut évoluer et changer de méthode.
La manipulation du quiproquo est donc une recherche importante à laquelle doit se livrer un auteur pour pimenter son roman.
Le quiproquo, c’est l’épice d’un roman. Il permet de résoudre des questions restées sans réponse, et, de résoudre des mystères cachés. C’est un outil incontournable dans un roman. Cette erreur de jugement due à des circonstances particulières permet à l’auteur de faire naitre des situations, des émotions, qui s’expliquent naturellement dés l’instant qu’elle a été comprise et découverte.
Cordialement Camille Saintonge

Tout est dans le ton

71909 – 17/194
Une fois que l’on a trouvé et que l’on maitrise une technique d’écriture qui nous convient, on a envie de raconter son histoire d’une façon personnelle. C’est à dire d’une façon qui nous intéresse et qui nous permet de montrer certaines facettes du monde qui entoure nos personnages et de les mettre en lumière.
Mais, comment une fois libéré de la structure passer à l’image d’un univers qui retient notre attention en distrayant notre lecteur?
Il y a de nombreuses façons de faire, et, le moyen le plus simple c’est d’essayer ces différentes manières, et, de raconter jusqu’à ce que l’on ait trouvé celle qui nous convient à nous, et, à notre histoire, et, qui va rencontrer un lectorat.
Lorsque tous les ingrédients pour raconter son histoire sont réunis, techniquement, le roman est terminé. Mais, il reste une lourde tâche à accomplir, c’est trouver le ton que l’on va donner à son récit. C’est comme la recette d’un bon plat en cuisine, on a réuni tous les ingrédients, on applique la recette et le tour est joué. Mais, tout est dans le tour de main, et ça c’est le ton.
Va t’on mettre bout à bout les faits façon AFP ou bien donner à ces éléments une couleur plus personnelle et un style plus engagé. C’est ce qui va faire la différence et va donner à l’auteur sa « patte » qui va permettre au lecteur de reconnaitre l’auteur à sa façon de raconter.
Une histoire qui respecte la technique de l’écriture est une bonne histoire. Et, il n’y a pas de mauvais auteurs, mais, il y a ceux dont on aime l’univers et les autres. À cela va s’ajouter la façon de le dire.
Gérard de Villiers dans ses SAS a toujours des jeunes femmes callipyges dévoreuses de santé… Elles pourraient avoir un gros cul, ou des fesses chaleureuses et rondes, ou un pétard impressionnant, ou tant d’autres expressions pour évoquer un postérieur imposant, non, elles sont callipyges.
Agatha Christie a une grande maitrise du dialogue et en fait son univers, Balzac a des personnages qu’il décrit minutieusement, Jules Verne nous fait voyager dans les inventions de son époque…
D’autres choisissent la satyre, l’humour, et leurs histoires sont marquées par leur façon de raconter qui a fait leur style et leur façon de faire. je pourrai évoquer beaucoup d’autres auteurs, Barbara Cartland et ses romances en costumes d’une autre époques, Druon nous raconte son histoire de France autour de la rivalité de deux personnages hauts en couleur et fait défiler les évènements historiques pour les servir et nous distraire…
Faites des tentatives variées et trouvez votre façon à vous de raconter une histoire.
Cordialement Camille Saintonge

Une accroche qui intrigue

51909 – 16/194
C’est la première phrase de votre roman, elle est destinée à donner au lecteur l’envie de poursuivre sa lecture. Elle contient une question implicite, et, c’est cette question que se pose le lecteur qui le fait continuer à lire.
Ce jeu des questions-réponses est la recette magique de l’écriture.
La plupart des phrases d’accroche sont banales, et pourtant elles intriguent pour nous attirer dans l’histoire en capturant notre attention. Il faut impérativement utiliser des mots puissants qui créent de l’émotion. Plus on crée une émotion forte plus on accroche le lecteur. La peur par exemple est une émotion forte. Utilisez tous les sens:
Vous voyez, vous apercevez, géant, imaginez-vous, énorme pour la vue. Vous sentez, vous ressentez, ça vous prend les tripes pour le toucher. Entendez bien, écoutez pour l’audition…
Des mots comme fantastique, impressionnant, explosif, terrible, une tuerie… Sont très adaptés pour une accroche. 40% de vos lecteurs et des lecteurs en général ont besoin de « voir », alors, faites leur voir, créez une image évocatrice, provocrative, choquante et donnez leur une émotion.
Votre roman a un titre, l’accroche en est le sous-titre. N’hésitez pas à noter des idées d’accroche qui vous plaisent en parcourant le début des ouvrages de votre bibliothèque. La presse quotidienne, hebdomadaire ou mensuelle est remplie d’accroches dont vous pouvez vous inspirer. Mais, évitez les publications qui sont spécialisées dans les accroches à la limite de l’abus de confiance. Elles ont d’ailleurs des procès régulièrement qu’elles perdent, mais, les ventes entrainées par ces annonces doivent largement payer leurs amendes puisqu’elles poursuivent leurs accroches douteuses encore et encore.
Mais en tant que auteur de roman, votre rôle est de capturer l’attention de votre lecteur pour le faire rentrer dans votre histoire, mais, pas de le tromper sur la marchandise.
Ci-dessous quelques accroches de romans :
L’étranger, Albert Camus 1941
« Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas ».
Mort à crédit, Louis Ferdinand Céline 1936
« Nous voici enfin seuls. Tout cela est si lent, si lourd, si triste… Bientôt je serai vieux ».
Du côté de chez Swann, Marcel Proust 1913
« Longtemps je me suis couché de bonne heure ».
Cordialement Camille Saintonge

écriture planifiée et écriture d’instinct

31909 – 15/194
Quelle différence y a t’il entre écriture planifiée et écriture d’instinct?
Supposons que vous décidiez d’aller au bord de la mer, en Normandie. Le planificateur prend l’autoroute A13 et décide de se rendre à Deauville. Il sait avec précision où il va, comment il va s’y rendre, et, par quelle ville ou localité il va passer.
Celui qui écrit d’instinct se rend lui aussi au bord de la mer en Normandie. Mais, il peut choisir de prendre la A13, mais peut-être prendra t’il les départementales et ne sait pas où il va. En Normandie lui aussi, mais, il peut choisir d’aller à Cabourg au lieu de Deauville. Sa route se balise au fur et à mesure qu’il avance sur son trajet, et il peut préférer quitter l’autoroute pour des raisons personnelles et prendre la nationale, et, passer par lisieux et ensuite se rendre à Cabourg…
On s’aperçoit avec cet exemple que l’un suit une route qu’il a balisée et que quoi qu’il se passe durant son trajet il reste sur sa trajectoire. Si il y a un contretemps, il patiente mais poursuit son chemin sans en dévier en sachant par où il va passer et combien de temps cela va lui prendre pour arriver à sa destination finale.
Celui qui écrit d’instinct suit une direction déterminée, mais, ne sait pas par où il va passer, ce sera en fonction de la situation et son choix peut varier en permanence.
Il n’y a pas une méthode qui soit meilleure que l’autre, elles sont différentes.
Le planificateur doit consacrer beaucoup de temps à définir son trajet et à le détailler, mais, une fois que c’est fait, il peut écrire de n’importe où, même, si il ne dispose que de peu de temps et peut déterminer son heure d’arrivée. Cela lui permet de se motiver plus facilement et de rendre son manuscrit en temps et en heure conformément à son plan.
Écrire d’instinct demande une remise en question permanente, car tout changement dans un chapitre demande un réécriture d’autres scènes, il peut même avoir à en rajouter ou en supprimer. Il doit en permanence reprendre son écriture, corriger et vérifier la cohérence. Il a besoin de temps pour rédiger, car, il ne sait que rarement où le conduit une scène et ce qu’il devra modifier pour que l’ensemble soit cohérent.
C’est donc une question de choix personnel et de goût. Chacun a une façon d’écrire qui est celle qui lui convient le mieux.
Cordialement Camille Saintonge

Le second pas

11909 – 14/194
Après avoir découpé votre histoire en seize points de passage obligatoires pour votre roman, vous devez vous demander comment votre héros va évoluer.
Son évolution rencontre le point clé au milieu de votre roman, c’est à dire à la fin de la première partie de la seconde partie. C’est à ce moment que votre héros va réaliser qu’il s’est trompé et que ce qu’il croyait précédemment était une erreur, le monde ne tourne pas comme il croyait. Il va corriger sa fausse croyance tout au long de la seconde partie de votre roman pour en arriver à son évolution finale.
Il va changer sur trois aspects: personnel, professionnel et psychique. À vous alors de déterminer pourquoi il évolue, à la suite de quelles circonstances, quel est le moment où il commence à comprendre, pourquoi et comment il comprend.
Durant la seconde moitié de votre histoire, il va constamment évoluer et sera conduit dans la troisième partie à affronter ses problèmes et son adversaire quel que soit le prix à payer, il va devoir combattre son adversaire dans un combat à mort et choisira d’agir pour ce qu’il croit juste plutôt que d’atteindre son objectif. Mais son lâcher prise lui permettra peut-être d’atteindre son objectif, mais peut-être pas, c’est vous qui décidez.
Cette seconde étape dans l’élaboration de votre récit est capitale. Si tout se tient et est cohérent, votre histoire est prête pour la suite. Ce n’est plus maintenant que de la sueur et de l’imagination pour combler les lacunes.
Si vous planifiez, vous ferez la liste de vos scènes et vous les détaillerez dans un plan. Si au contraire vous écrivez d’instinct, vous comblerez les lacunes au fur et à mesure de votre écriture, et, vous reviendrez en arrière pour modifier lorsque cela sera nécessaire pour la cohérence du récit.
Quelle que soit votre méthode, à ce stade le plus gros est fait et suivant le nombre de mots que vous êtes en mesure d’écrire chaque jour, il vous restera à vous motiver pour affronter les longues semaines de labeur qui vous attendent jusqu’au mot fin à la dernière ligne de votre histoire.
Cordialement Camille Saintonge