la méthode Lester Dent

292003 –

Lester Dent (1904 – 1959) est un auteur américain de Pulp fiction (littérature populaire) qui s’est rendu célèbre avec la série de Doc Savage. Voici ci-dessous sa méthode d’écriture qui est citée en référence par un grand nombre d’écrivains américains contemporains.

Introduction

Il s’agit d’une recette qui pourra s’appliquer à l’écriture de tout roman populaire de 6 000 mots. Cette méthode a démontré son efficacité sur des récits d’aventures, des romans policiers, des romans de guerre et des westerns. Elle explique où placer chaque élément du récit qu’elle découpe en quatre segments de mille-cinq cents mots chacun.

Voici comment ça commence :

1 – Le méchant utilise une méthode criminelle inventive.

2 – Le méchant poursuit un objectif inventif.

3 – Le contexte est inventif.

4 – Une sombre menace plane sur le héros.

Lorsque l’un de ces éléments est original, c’est bien. Quand il y en a deux, c’est encore mieux et quand c’est trois, c’est formidable. Avoir tous ces éléments à l’esprit avant d’écrire votre histoire vous sera d’un grand secours.

La méthode inventive que le méchant utilise pour commettre son forfait doit être inventive, et de préférence originale. S’il vous vient des idées telles que le pistolet, le poignard, l’acide sulfurique, le garrot, les aiguilles empoisonnées, le scorpion et quelques autres, dressez-en la liste pour voir comment les améliorer. Un scorpion et son dard empoisonné ? Peut-être des moustiques ou des mouches infectés avec un germe toxique ?

Si les victimes sont assassinées par une méthode banale, mais qu’on les retrouve dans des circonstances étranges et communes à chaque meurtre, ça peut également fonctionner, à condition que le lecteur ignore jusqu’à la fin de quelle façon elles ont été tuées.

Le coup des victimes retrouvées avec une marque d’araignée, de papillon ou de chauve-souris sur le corps a déjà été utilisé.

Mieux vaut également éviter les méthodes de meurtre trop étranges, fantaisistes ou grotesques.

L’objectif inventif que poursuit le méchant doit être représenté par autre chose que des bijoux, le butin d’une banque, des perles ou un objet ancien.

Mais là encore, on évitera les idées trop bizarres.

Un contexte original ? Facile ! Il suffit de le choisir en rapport avec le procédé original que le méchant utilise pour commettre ses meurtres, ou alors avec le trésor (ce après quoi court le méchant). Il est pratique de choisir un endroit familier où vous avez vécu ou travaillé. Un trop grand nombre de romans populaires se privent de cette facilité. Mieux vaut dans ce cas être correctement documenté sur le lieu choisi.

Pour apporter un peu de couleur locale dans un récit. Si l’histoire se déroule en Égypte, par exemple, recherchez un livre du genre Les phrases usuelles en égyptien. Quand un personnage égyptien veut demander « Quel est le problème ? », mon livre m’apprend que ça se traduit par « El Khabar, eyh ? » et ce sont les mots que je mets dans la bouche de mon personnage. Le texte peut être suffisamment explicite par ailleurs pour que ça devienne évident, ou alors un autre personnage peut répéter la phrase en français. Il faut éviter d’interrompre le récit pour fournir une traduction au lecteur. Mon but est de convaincre mes lecteurs que je sais de quoi je parle.

Voyons à présent la deuxième partie de la construction.

Divisez votre projet en quatre parties égales de 1 500 mots. Voici comment compléter chacune de ces parties :

Première tranche de 1 500 mots

1 – Dès la première ligne, ou dès que possible, présentez le héros et plongez-le dans une situation très difficile. Évoquez un mystère, une menace ou un problème à résoudre, quelque chose auquel il doit faire face.

2 – Le héros prend ses problèmes à bras le corps. (Il décide de résoudre le mystère, de vaincre la menace, ou de régler le problème.)

3 – Introduire tous les autres personnages dès que possible. Faire en sorte qu’ils apparaissent dans le cours de l’action.

4 – Les efforts du héros l’entrainent dans un combat physique vers la fin des 1 500 premiers mots.

5 – Toujours vers la fin des 1 500 premiers mots, l’intrigue rebondit de façon absolument inattendue.

Demandez-vous à ce stade :

Pèse-t-il toujours une menace sur le héros ?

Est-ce que tout se déroule de façon logique ?

L’action ne doit pas se contenter de faire avancer le héros dans le paysage.

Deuxième tranche de 1 500 mots

1 – La situation du héros s’aggrave.

2 – Mais le héros étant héroïque, il se débat. Et ses luttes l’amènent à :

3 – Un autre combat physique.

4 – Un rebondissement surprenant à la fin de ces 1 500 mots.

Demandez-vous à ce stade :

Est-ce que cette deuxième partie comporte du suspense ?

Est-ce que la menace se répand comme un nuage sombre ?

Est-ce que la menace se développe sans que le héros en ait conscience ?

Cette deuxième partie se déroule-t-elle de façon logique ?

Ne dites pas! Montrez!

C’est l’un des secrets de l’écriture : ne jamais expliquer les choses au lecteur – lui montrer. (Il tremble, ses yeux roulent dans ses orbites, sa mâchoire tombe, etc.) Faites en sorte que le lecteur voie les choses.

Lors de l’écriture, il est bon d’aménager au moins une petite surprise par page. On peut alors raisonnablement espérer qu’on parviendra à maintenir l’intérêt du lecteur pour le récit. Cet objectif ne demande pas de gros efforts. Une façon d’y parvenir consiste par exemple à induire le lecteur en erreur : le héros examine la scène du crime. La porte située derrière lui commence à s’ouvrir lentement. Il ne s’en rend pas compte. Il continue son examen tranquillement. La porte s’ouvre de plus en plus largement, jusqu’à ce que (surprise !) l’une des vitres de la fenêtre se fracasse dans la pièce. On comprend que c’est le souffle de l’air entrant par la fenêtre qui a ouvert la porte. Pourquoi la vitre vient-elle de tomber ? Mystère…

Pour caractériser un personnage, il faut enfoncer l’une de ses particularités dans l’esprit du lecteur. Collez-lui une étiquette !

Construisez votre segment de façon à ce que l’action y soit permanente.

Troisième tranche de 1 500 mots

1 – Accumulez les problèmes et les douleurs du héros.

2 – Le héros progresse, il se confronte au méchant ou à quelqu’un d’autre dans :

3 – Un combat physique.

4 – À la fin de cette partie, imaginez un rebondissement étonnant qui représente – de préférence – une mauvaise surprise pour le héros.

Demandez-vous à ce stade :

Demeure-t-il du suspense ?

La menace s’aggrave-t-elle ?

Le héros se retrouve-t-il dans un enfer inextricable ?

Les choses se déroulent-elles de façon logique ?

Ces concepts et méthodes servent uniquement à faire en sorte que vous introduisiez une bagarre et des rebondissements étonnants, tout ça dans une ambiance pleine de suspense et de menaces.

Veillez à ce que les combats qui émaillent vos différentes parties soient différents les uns des autres. Si le premier combat est un corps à corps, le suivant peut prendre l’allure d’un pugilat de groupe. Idem pour les gaz toxiques et les épées. Il existe évidemment des exceptions : un héros doté d’une arme secrète, ou de poings en acier, pourra les utiliser plus d’une fois.

L’idée est d’éviter la monotonie.

ACTION : Vive, rapide, sans mots inutiles. Créer du suspense, amener le lecteur à voir et à ressentir l’action.

AMBIANCE : Les bruits, les odeurs, la vue, le toucher et le goût.

DESCRIPTION : Les arbres, le vent, le panorama et l’eau.

Le secret est de faire en sorte que chaque mot compte.

Quatrième tranche de 1 500 mots

1 – Les difficultés du héros s’aggravent encore.

2 – Faites en sorte que le héros soit submergé de problèmes (par exemple : le méchant l’a fait prisonnier et le fait passer pour coupable d’un meurtre ou d’un kidnapping, tout est perdu, et le méchant est sur le point de réaliser son objectif, pour le plus grand malheur de l’humanité.)

3 – Le héros s’en sort en utilisant ses propres compétences, sa formation ou ses muscles.

4 – Les mystères restants – un grand mystère demeuré obscur jusqu’à ce stade aidera à maintenir l’intérêt pour les autres – seront enfin résolus au cours du conflit final, tandis que le héros reprend la situation en main.

5 – Rebondissement final : une grosse surprise (le méchant se révèle être quelqu’un d’autre que celui que l’on soupçonnait, la malle au trésor ne contient que du sable, etc.)

6 – Le climax, le combat décisif qui met fin à la menace de l’antagoniste.

Demandez-vous à ce stade :

Le suspense a-t-il tenu jusqu’à la dernière ligne ?

La menace est-elle demeurée inquiétante jusqu’au bout ?

Tout a-t-il été expliqué ?

Est-ce que tout est logique ?

La dernière ligne laisse-t-elle au lecteur une sensation de chaleur ?

Le méchant est-il mort? Ou le héros?

Cordialement Camille Saintonge

le « sport » qui tue

Ce matin à 7 h, en promenant ma chienne, je croisais une des ces victimes du marketing à l’américaine installée sur un banc qui faisait des mouvements avec une bouteille d’eau dans chaque main accompagnés de quelques flexions des jambes. Je me demandais si son grand père ou sa grand-mère avaient eu besoin de pratiquer ce genre d’exercice en extérieur pour rester en forme? Sans doute non. Le principe d’un corps sain dans un esprit sain l’animait peut-être pour le corps quant à l’esprit, c’est une autre histoire qui mériterait un autre développement. Ces « américains » sont une aubaine pour la propagation du virus. Ils courent de ci de là, parfois à plusieurs, ils véhiculent leurs microbes à tous ceux et à toutes celles qu’ils croisent, et, les déplacent d’une zone à une autre. Le piéton évite de se trouver dans leur sphère comme il peut, mais ils poussent comme la mauvaise herbe, chaque jour plus nombreux. Difficile de faire comprendre à ce genre de population qu’il faut rester chez soi, où ils peuvent à loisirs faire des tractions, des étirements, des mouvements de toute sorte. D’ailleurs les salles de sports sont des lieux clos, équipés de machine variées pour dépenser des calories, mais qui ne sont pas indispensables pour se dépenser physiquement. Il y a tant d’autres moyens pour éviter de se rouiller, que ces pratiques des victimes de la publicité mises à la mode à coup de marketing dans le cadre de l’américanisation de notre pays en seraient risibles si elles n’avaient pas autant de conséquences graves.
Cordialement Camille Saintonge

Pyjama et ordinateur

272003 – 10/206
Nous rentrons dans une nouvelle époque, celle du travail à domicile. C’est un changement radical dans notre mode de vie. On va gagner du temps libre, puisque nous n’auront plus que très peu de déplacements pour notre travail.
Se réaliser et s’épanouir seront de plus en plus facile, et, consacrer du temps aux choses que l’on aime et que l’on trouve gratifiantes prendra de plus en plus d’importance dans notre vie.
Prendront nous plus l’avion pour nous rendre dans des destinations lointaines? Je ne le crois pas. Les voyages en avion ont déjà été fortement impactés par le terrorisme, qui, en contraignant la mise en place de systèmes de sécurité qui rallongent le temps d’un voyage de façon importante les rendent dissuasifs sur de courtes distances. Le côté polluant de l’avion lui enlève beaucoup de charme. Quant au coronavirus, il a mis en évidence le côté bouillon de culture d’une carlingue d’avion.
D’autre part, le réchauffement climatique est en train de modifier la géographie des zones touristiques. Pour toutes ces raisons, nous ne prendront sans doute pas plus l’avion.
La politique de l’avoir, imposée en douceur par les états-unis à coup de publicité de marketing… Pour s’offrir une nouvelle clientèle pour leur permettre de développer leurs entreprise à nos dépends va exploser avec la crise des énergies fossiles. La pandémie, qui est en train d’imposer des changements autoritaires qui font évoluer notre société dans une nouvelle direction.
C’est une porte ouverte à l’épanouissement de l’être au détriment de la politique de l’avoir, je ne m’en plains pas, bien au contraire. Ouf, la France va retrouver des valeurs. Le dessin, la musique, la peinture, les sports, la gastronomie, la culture, la lecture, l’écriture, le bricolage et les mille autres loisirs tombés en désuétude vont reprendre leur place, l’artisanat, les métiers manuels d’ouvriers talentueux… Vont pouvoir s’épanouir pour la satisfaction et l’épanouissement de tous.
Cordialement Camille Saintonge

les bases d’une intrigue

Comment construire une intrigue ?
Le secret d’une intrigue bien menée repose sur 8 éléments de base. Avant de vous lancer dans la rédaction de votre roman, vous devez déterminer ces huit éléments pour offrir une intrigue bien ficelée à vos lecteurs.
Ces choix et le plan qui en découlera peuvent s’établir en moins d’une heure
Détaillons chacun de ces 8 éléments.
a/ Si vous travaillez déjà sur votre roman, Voyez si chaque élément se retrouve dans votre histoire.
Vous pouvez reprendre votre histoire et la revisiter en vous basant sur cette technique. Elle vous permettra soit de renforcer votre intrigue soit de trouver de nouvelles pistes à exploiter en incorporant un des éléments que vous auriez négligé.
b/ Si vous n’avez pas encore d’idée de roman, faites appel à votre imagination.  Et si l’idée qui vous vient n’est pas très bonne, ce n’est pas grave. Considérez cette démarche comme un exercice, vous aurez tout le temps d’exploiter cette technique plus tard.
1/ Le but de l’histoire
Le premier élément à considérer dans votre intrigue, c’est le but de votre histoire. L’intrigue d’une histoire est une suite d’événements qui tournent autour d’un problème à résoudre ou d’un objectif à atteindre.
Les questions à se poser sont:

  • Quel objectif mon personnage veut il atteindre ?
  • Quel problème veut-il résoudre ?

Après avoir défini un but à l’histoire, nous construisons un monde autour de notre protagoniste où toutes les perspectives viennent perturber son but.
Le choix du but de l’histoire est important. Car il est le premier à intervenir dans la construction du plan
2/ La conséquence de l’histoire
Une fois que vous avez le but de l’histoire, l’étape suivante consiste à vous demander :
Quel désastre surviendrait si le but n’était pas atteint ?
Ou si le problème n’était pas résolu ?
La réponse à ces questions constitue la conséquence de l’histoire.
Ce risque à lui seul justifie l’effort exigé pour atteindre le but.
La combinaison du but et de la conséquence crée la tension dramatique principale de votre intrigue.
Dans certains récits, le protagoniste décide de résoudre un problème ou d’atteindre un objectif.  Cet objectif prend toute son importance quand il découvre quelle conséquence terrible va se produire s’il échoue.
Dans d’autres récits, le protagoniste trouve la motivation d’agir parce qu’il est menacé par un terrible événement. Il doit donc trouver le moyen de l’éviter.
3/ Les conditions
Le troisième élément de votre intrigue décrit ce qui doit être accompli pour atteindre le but. Vous pouvez imaginer une liste de diverses conditions à réaliser pour atteindre le but que le protagoniste s’est fixé. Les conditions créent le suspense dans l’esprit du lecteur car il espère la réussite du protagoniste.
4/ Les obstacles
Les obstacles sont des avertissements qui sont la contrepartie des conditions. Tandis que les conditions font progresser l’histoire vers l’accomplissement du but, les avertissements sont les événements qui poussent vers la conséquence et donc l’échec.
Le but de l’histoire et les conséquences créent la tension dramatique, les conditions et les avertissements plongent le lecteur dans une tension émotionnelle qui oscille entre l’espoir de la réussite et la crainte de l’échec.
Si vous structurez bien les obstacles, vos lecteurs vont: tourner les pages pour connaître la suite.
5 / les coûts
Pour augmenter la tension dramatique de votre histoire, il faut que votre protagoniste souffre ou accepte de faire des sacrifices pour atteindre son but et se confronter aux obstacles. Ces sacrifices sont le coût.
Les coûts peuvent prendre de nombreux aspects. On peut demander aux protagonistes de renoncer à leur fierté, au respect de soi, à l’argent, la sécurité, leurs idées, à la vie d’un ami, ou toute autre chose qu’ils leur sont chers. Plus le prix à payer sera dur à affronter, plus le lecteur estimera que le protagoniste mérite d’atteindre son but.
6/ les dividendes
L’élément qui équilibre des coûts dans votre intrigue, ce sont les dividendes. Ils sont la récompense que les personnages reçoivent durant le chemin qui les mène à leur but.
Contrairement aux conditions, les dividendes ne sont pas nécessaires à la réalisation du but. Ils peuvent même être sans rapport direct avec lui.  Mais ils n’existeraient pas si les personnages n’avaient pas cherché à résoudre leur problème ou à atteindre leur but.
7/ Les incontournables
Ce sont les événements qui doivent arriver pour que les Conditions se réalisent. Ils sont une couche supplémentaire de défis dans votre plan et dans l’intrigue.
Quand les conditions et les incontournables sont respectés, le lecteur sent peu à peu le protagoniste approcher de son objectif ou sur le point de résoudre son problème.
8/  Les conditions préalables
Le dernier élément pour équilibrer votre intrigue et établir votre plan: les conditions préalables. Ce sont de petits obstacles saupoudrés dans l’intrigue. Ce sont des conditions imposées par le ou les personnages
Comment organiser son plan ?
Une fois que vous avez choisi vos huit éléments, réalisez un résumé de votre intrigue. Tant que les huit éléments sont présents, l’ordre n’a aucune importance.
Ces huit éléments sont les bases de toutes les intrigues.

rédiger un récit au jour le jour

252003 – 9/206
Cette technique de narration répond aux mêmes règles que le roman.
Il vous faut donc rédiger des scènes et faire appel un maximum aux cinq sens. Votre but est d’arracher un évènement à l’oubli pour que votre lecteur ou votre lectrice puisse le revivre au présent.
Le quotidien, c’est une atmosphère, une musique que l’on entend, le vent qui fait trembler une fenêtre, une voix monotone que l’on entend sans l’écouter, des oiseaux qui gazouillent dans les branches des arbres… Ces circonstances impriment une marque à un évènement qui devient ainsi daté et inoubliable.
C’est la matière de vos scènes, de ces scènes que vous voulez arracher à l’oubli.
Votre narration constitue un souvenir, c’est le vrai visage de la vie. Vous devez permettre à votre lectrice ou à votre lecteur de voir, d’entendre, de ressentir ce qui s’est déroulé devant vos yeux ce jour là. Quoi, où, quand.
Le brusque revirement de situations, certaines péripéties, vont dramatiser votre récit. Une découverte ou une révélation, un désastre, un bonheur intense…
Chaque fois qu’un de ces éléments se produit, faites en une scène pour le mettre en valeur. Entre deux scènes, un résumé bref constitue un lieu qui donnera à votre récit sa continuité.
Le lecteur doit comprendre sans difficulté ce que vous avez vu, ce qui s’est passé, vous devez l’exprimer avec des mots simples, faire des phrases courtes, faire des paragraphes structurés.
N’ayez pas peur d’utiliser des comparaisons et d’aller dans l’âme des choses. Rappelez-vous les cinq sens: formes, couleurs, mouvements, ombres lumières, paroles, bruit musique, sensations externes et internes du corps, toucher, poids, caresse, chaleur, sueur, douleur, plaisir, l’odorat, le goût…
Cordialement Camille Saintonge

découverte et progrés

232003 – 7/206
Découvrir les auteurs du passé, c’est faire des progrès en observant comment ils ont structuré leurs romans.
Chaque auteur a sa façon d’écrire, c’est comme l’apprenti marin qui apprend à naviguer, le jour, la nuit, avec du vent, sans vent. Lire, c’est voguer au travers d’une oeuvre et en saisir les caractéristiques.
Faire des progrès lorsque l’on écrit passe par cette observation. Mais, il faut choisir des auteurs dont l’univers vous convient. On sait alors que l’on aimera ce qu’il a écrit, et, on pourra en tirer le meilleur parti pour faire des progrès.
Tous les romans sont en trois parties avec un noeud central où se situe le changement de direction du protagoniste.
La première partie, la plus difficile à écrire, inclut tout le roman. Tout ce qui se passe dans la suite a été annoncé dans la première partie, si ce n’est pas le cas on a l’impression que l’auteur sort un lapin du chapeau et ce n’est pas agréable pour le lecteur.
Le noeud central, situé exactement au milieu du roman est un bon point de départ pour étudier un roman. On va ensuite chercher dans la première partie les éléments qui nous ont préparés à ce changement qui intervient dans le noeud central suite à une révélation d’un « ami » de la découverte d’un évènement qui va permettre au protagoniste de changer sa façon de voir la vie et de le pousser à se remettre en question.
Ce point central est aussi puissant que l’évènement déclencheur que l’on trouve au milieu de la première partie, et, qui jette le protagoniste dans une aventure qui le contraint à abandonner sa zone de confort non sans avoir hésité.
La fin de la seconde partie est toujours une catastrophe. Le protagoniste a perdu tout espoir d’atteindre son but initial, mais, la révélation de sa nécessité d’évolution qu’il a eu au point central va lui donner la force, malgré la mauvaise situation dans laquelle il se trouve d’accepter d’aller jusqu’à mourir pour satisfaire sa nouvelle conception de la vie. Le combat à mort avec l’antagoniste devient alors inévitable.
Cordialement Camille Saintonge

une société minimaliste

212003 – 6/206
Cette épidémie va nous faire rentrer brutalement dans une société minimaliste. Finie la surconsommation, nous allons devoir nous habituer à vivre avec le minimum. C’est une évidence.
Les Etats-unis sont en état d’urgence, les rayons des magasins sont vides, les frontières partiellement fermées…
Notre société industrielle de surconsommation est en train d’exploser. La majorité des états-nation a choisi la manière forte pour passer en douceur, « épidémie » oblige, de la surconsommation au minimalisme.
Le frein mis à la mondialisation et à l’hégémonie de l’avoir pour être va sans doute permettre au monde de renouer avec les valeurs qui depuis deux mille ans et plus ont permis aux êtres humains de progresser.
Des nations comme les états-unis où le nombre d’armes à feu en circulation est considérable (un foyer sur quatre y dispose d’armes à feu) connaitrons probablement des épisodes localisés à la « madmax ».
Mais, la majorité des nations anciennes se retourneront vers les valeurs ancestrales. La connaissance, la tolérance, le respect de l’autre, la solidarité des clans, vont nous permettre de passer le cap de cette épreuve où l’isolement d’une masse importante d’individus va les contraindre à s’occuper et à chercher en eux-mêmes de nouvelles activités différentes de la recherche du profit, mais qui leur plairont et ou ils pourront s’épanouir pour trouver dans un environnement difficile le bonheur et une vie sociale plus riche.
C’est ce bonheur qui est important. La publicité, le marketing vont reprendre leur véritable place qui est celle de l’illusion et des chimères. Pourquoi toujours courir après des vues de l’esprit quand on peut être heureux en prenant une bonne douche ou en regardant à l’est un magnifique lever de soleil… Donner le temps au temps…
Cordialement Camille Saintonge

Confinement

202003 – 11/206
Et si vous étiez en mer sur un voilier pour effectuer une longue traversée en famille?
C’est le choix que font ceux et celles qui décident de vivre loin de notre société pendant un certain temps.
Ce choix implique de non seulement faire avec ce dont on dispose, mais, de remettre en place une hiérarchie dans nos priorités. En mer, on assume. Pas de plombier ni d’électricien que l’on peut appeler à la recousse… Il faut se dépanner soi-même.
La nourriture est liée à l’avitaillement que l’on a fait avant de partir, et, comme personne n’est parfait il y a toujours quelque chose qui vient à manquer. Il faut s’adapter, et, tous les marins vous le diront: il faut faire avec.
Les occupations à bord d’un bateau ne manquent pas. Même sur une embarcation neuve, la mer, le temps, font des dégâts et il y a toujours et en permanence quelque chose qui nécessite une réparation. Hormis cela, on peut lire, regarder des films, cuisiner, faire de la peinture, du dessin, de la musique, écrire, réfléchir…
Si l’on a des enfants, il faut les accompagner dans la poursuite de leurs études et ce n’est certainement pas une chose facile, car, l’espace est limité, le bruit, la météo, la promiscuité, viennent perturber la concentration des enfants qu’il faut en plus occuper lorsqu’ils ne font pas leurs devoirs.
Nous sommes nous confinés dans un espace beaucoup plus vaste que celui d’un voilier. Un appartement aussi petit qu’il soit reste plus spacieux et moins sonore que celui d’un voilier aussi grand qu’il soit. Alors c’est le moment de faire le point et de prendre conscience que cette surconsommation dans laquelle nous vivions est maintenant en train de se terminer. Il y aura un après coronavirus qui va faire évoluer notre façon non seulement de vivre mais d’envisager la vie.
Cordialement Camille Saintonge

Une belle journée

192003 – 5/206
7h30, les Boulonnais sont réveillés par le camion qui déverse à grand coup de décibels de l’eau sur les trottoirs. Normal, il pleut et la météo a annoncé du beau temps. Il fait doux et ce mois de mars s’annonce tout aussi humide que les trois mois qui l’ont précédés. Les nappes phréatiques devraient avoir accumulé des réserves.
De temps en temps on croise un passant avec un masque sur le visage pour nous rappeler que le pays est sous le coup d’une épidémie. Une journée comme les autres, enfin presque.
Les restaurants ont perdu beaucoup de clients, dans les magasins les femmes font moins de shopping et les rayons dans les supermarchés se vident plus vite qu’ils ne sont remplis. À part cela, tout va bien, le pays est en train de changer de mode de vie en douceur. Le riz, les pâtes et autres produits de première nécessité sont très demandés.
Les gens vont peut-être un peu moins consommer de ces produits industriels que leur vante la publicité et découvrir qu’ils s’en portent mieux.
Les masques sont en rupture dans les pharmacies, cette frénésie sur les masques est d’autant plus incompréhensible qu’ils sont destinés à être porté par quelqu’un de contaminé pour qu’il n’envoie pas ses microbes sur ceux et celles qui l’entourent.
Enfin le petit commerce, du moins celui des labos va rester fleurissant avec tous ces masques qui vont être vendus aussitôt que les pharmacies seront à nouveau approvisionnées.
Dans l’ensemble, malgré la « peur » que ne cessent de diffuser les médias, je n’ai pas le sentiment que les citoyens paniquent, et, c’est tant mieux. La vie continue, le travail à domicile va sans doute prendre de l’essor, peut-être que cela contribuera à terme à faire baisser le prix de l’immobilier à Paris qui a atteint ces dernières années des sommets qui ne sont pas justifiés.
Vivre au bord de la mer, à la campagne, ou, à la montagne ce n’est pas mal non plus si l’on peut y gagner un revenu suffisant pour vivre.
Cordialement Camille Saintonge

À contre-courant (sept ans de blog)

172003 – 4/206
Vous l’avez remarqué depuis toutes ces années je ne suis pas présent sur les réseaux sociaux et je ne fais pas de marketing. Pourtant tout le monde vous dira que pour augmenter son trafic et attirer un maximum de visiteurs sur son blog l’utilisation des réseaux sociaux est un atout important. Mais mon but n’a jamais été la quantité, mais la qualité des visiteurs.
Peut-on s’affranchir de cette barrière des réseaux sociaux et obtenir des visiteurs autrement qu’avec Facebook, twitter et autres supports à la mode et avoir un blog qui dure dans le temps?
La réponse est : Oui. Ce blog en est la preuve, il s’enrichit chaque mois de nouveaux abonnés depuis sept ans, qui sont venu et viennent de 170 pays différents. (j’ai le plaisir et l’honneur de recevoir environ une centaine de mails chaque jour de lecteurs et lectrices, je répond à tous et à toutes et je trouve cela gratifiant). Pourtant, on pourrait considérer que l’on va à la catastrophe si on n’utilise pas les réseaux sociaux. Mais, en persévérant et en mettant en ligne régulièrement un contenu, non seulement on peut faire vivre un blog, mais l’on y trouve des lecteurs et des lectrices fidèles.
On hésite souvent dans des périodes creuses liées aux vacances ou autres circonstances à ouvrir un compte sur Facebook et à suivre n’importe qui pour se créer une communauté et attirer du trafic. Il suffit alors de se poser la question : Est-ce-que avoir des visiteurs qui ne s’intéressent pas vraiment à l’écriture me rendrait plus heureux?
La réponse pour moi a été non. Cela ne me rendrait pas plus heureux d’avoir des curieux qui passent sur mon blog et ne s’intéressent pas à l’écriture.
La décision a donc été au début du moins de poursuivre dans la voie que j’avais choisie. Depuis je ne me pose plus ce genre de questions, ma route est toute tracée, continuer avec des lecteurs concernés par l’écriture sans passer par les réseaux sociaux.
Cordialement Camille Saintonge