de la Bretagne aux canaries

de la Bretagne aux Canaries
Le 27 décembre 2002 nous quittons Concarneau à bord d’un Dufour 50. Nous avons fêté la veille notre départ au restaurant le Flaveur rue duquesne et nous sommes un peu vaseux lorsque nous levons l’ancre. Notre bateau est bien équipé et adapté pour l’aventure que nous souhaitons vivre avec lui.
Notre Dufour 50 est un monocoque habitable dans une version propriétaire. Long de 15mètres 48 et large de 4mètres 48 avec six couchettes une réserve de 1000 litres d’eau et 500 litres de gazole. À bord d’un bateau il y a trois problèmes : l’eau, l’énergie et la mer toujours dangereuse mais sur laquelle le seul pouvoir que l’on ait c’est celui d’éviter le gros temps grace à la météo et savoir ménager son bateau pour ne rien casser ou le minimum. L’eau potable et l’énergie sont un souci permanent car il faut les économiser si l’on veut en avoir assez pour toute une traversée et arriver à bon port. Moins on est nombreux à bord plus on est confortable mais plus on fatigue car les quarts sont plus nombreux.
Nous disposons de suffisamment d’espace pour éviter une trop grande promiscuité à bord, ce qui souvent sur un bateau crée des situations conflictuelles. Chacun dispose d’une cabine agréable, et nous savons que nous partons pour plusieurs mois. Le fait de n’être que trois à bord est un choix délibéré. Les quarts ne seront pas trop longs, mais suffisants pour pouvoir se reposer. La fatigue et le manque de confort entrainent une baisse de moral, et, une croisière peut vite se transformer en enfer si l’on n’y prend pas garde. Mes coéquipiers ont l’humeur joyeuse et comme moi aiment la mer et les bons repas. De plus nous nous connaissons depuis longtemps et avons déjà navigué ensemble. L’avitaillement que nous avons fait tient compte des goûts de chacun et permet de varier les menus. Même lorsque nous rencontrerons le mauvais temps et devront naviguer au près avec une gite qui se promène entre 10 et 30°nous avons une variété de plats cuisinés prêt à supplanter les difficultés pour faire la cuisine.
Pour l’instant nous devons commencer à nous amariner et nous avons prévu de petites étapes le temps de domestiquer le mal de mer. Notre première escale est prévue en Espagne ou nous compléterons notre avitaillement par de la charcuterie espagnole, de la bière et du vin ordinaire en cubi. Le vin espagnol en cubi est agréable et très bon marché, ce qui nous permettra de faire durer notre stock de vins français composé de bonnes bouteilles que nous garderons pour des occasions particulières. Nous y fêtons la nouvelle année.
Nos provisions terminées en Espagne nous levons l’ancre en direction du cap Finisterre (Cabo Fisterra en galicien). C’est un promontoire de granit d’une hauteur de 600 m, situé dans la province de la Corogne à l’ouest de la Galice en Espagne, au nord-ouest de la péninsule ibérique.
À dix-huit kilomètres au nord (43°03’20 N, 9°17’57O) se situe le cap Tourinan qui est le point le plus occidental d’Espagne continentale, mais non celui d’Europe continentale, ce dernier étant en effet le Cabo da Roca, au nord de Lisbonne (Portugal) (38°46’50 N 9°30’01 O).
Nous naviguons depuis quatre jours lorsque nous dépassons le cap Finisterre pour longer les côtes du Portugal où nous souhaitons embarquer à bord une cinquantaine de bouteilles de Porto et fêter la chandeleur.
Le bateau se comporte bien mais compte tenu de la fréquentation du golfe de Gascogne le détecteur de radars n’arrête pas de sonner. C’est fou le nombre de gros navires que l’on peut croiser en pleine mer, pétroliers, porte containers… Cette partie du trajet est fatigante quand on est de quart la nuit, mais les sonneries du détecteur de radar sont rassurantes, il fonctionne bien, et ceux qui dorment peuvent dormir tranquilles les gros bateaux autours sont signalés.
Heureusement le temps est superbe. Bien que nous soyons début Janvier, la température par rapport à la Bretagne est douce, le thermomètre indique un 14°celsius et la brise est douce, juste ce qu’il faut pour que notre navigation soit « confortable ». À bord d’un monocoque la notion de confort c’est avoir un peu d’espace et pas trop de gite.
Nous ne ressentons plus le mal de mer, mais heureusement il est rare que tout le monde soit malade en même temps. Notre embarcation file tranquillement ses sept noeuds à la surface de l’eau, nous commençons à nous organiser à bord. Nous avons fixé la longueur des quarts de nuit à deux heures consécutives, nous trouvons que trois heures c’est trop long et nous apprécions tous de dormir par tranches de quatre heures ce qui permet de bien se reposer.
Nous sommes maintenant dans la navigation et en pleine forme. Une halte à Madère que nous connaissons tous les trois ne s’impose pas et nous décidons de continuer directement sur les iles Canaries où nous ferons plusieurs escales avant de nous lancer cap à l’ouest vers la Martinique.
Nous sommes maintenant entouré de dauphins qui se sont donnés rendez-vous autour de notre embarcation et nous offrent un ballet nautique superbe.
Le temps s’écoule lentement, Jérome s’occupe de la cuisine, Luigi pêche, je lis un peu, surtout le jour pendant mes quarts. Les happy hours et les apéritifs corsés entretiennent le moral et l’ambiance. Les films à regarder, la musique à écouter et de grandes siestes complètent nos activités.
L’ile de Lanzarote se rapproche, le temps est toujours superbe, nous optons pour un arrêt dans le petit port de puerto calero beaucoup moins cher que celui d’Arrecife pour faire de l’eau compléter le gazole et les vivres frais, nous y restons une journée. Il fait trop froid pour se baigner en mer mais nous lézardons au soleil sur une terrasse avant de regagner le bord où nous décidons de préparer un bon repas orchestré par Jérome. Nous nous y collons tous les trois, vaisselle fine, verres en cristal, bonnes bouteilles, menu de fête, cigares, café, pousse café… (adaptation extraite du roman de camille saintonge « cap à l’ouest ». Amazon XXXXXXX )
cordialement Camille

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s