Le fumeur répanti

J’avais décidé de m’arrêter de fumer, pourquoi aujourd’hui plutôt qu’hier ou demain, je n’en savais rien, mais c’était comme ça. De toute façon ça ne pouvait me faire que du bien, était-ce le rabâchage publicitaire « fumer tue » était-ce un phénomène de mode? Aucune idée, je crois plutôt que c’était seulement l’idée que l’arrêt du tabac n’était pas une épreuve insurmontable, mais simplement le fruit d’une préparation et d’une certaine organisation personnelle à mettre en oeuvre avec une bonne motivation.
Le bon côté de l’arrêt du tabac me semblait être la perte d’une dépendance inutile, l’obsession de manquer de tabac un soir ou un dimanche… Je décidais dans un premier stade de comprendre le mécanisme de cette dépendance. Le besoin de nicotine entrainait une dépendance physique qui me provoquait une impression de bien être immédiat, l’illusion d’être moins fatigué, d’être au top…
La dépendance émotionnelle liée aux associations crées entre les sentiments et l’usage du tabac. Ces moments où un évènement vient perturber ma tranquillité d’esprit et qui me fait tendre la main vers le tabac pour chasser la sensation qui me dérange, colère, inquiétude, envie, crainte, déception, malveillance, joie, surexcitation, gaieté …
La dépendance liée à nos réflexes conditionnés. J’ai l’habitude de fumer en promenant mon chien, en sortant de voiture, durant la maladie d’un proche je fume lorsque je l’appelle pour prendre de ses nouvelles (pour étouffer mes craintes). Une fois guéri je poursuis ma mauvaise habitude de fumer lorsque je téléphone, je suis victime de mon réflexe…
Les réflexes conditionnés et les automatismes me paraissent la pire plaie du fumeur.

Je n’ai pas le sentiment que tout cela soit insurmontable. Et puis au cas ou je n’y arriverai pas du premier coup et bien je recommencerai et ce sera plus facile car j’aurais acquis une certaine expérience et je tirerai les leçons de ce qui s’est passé pour mieux réussir à la tentative suivante.

J’ai donc commencé à arrêter de fumer et pour mon premier essai je suis resté une demi-journée sans fumer. Cela s’est très bien passé, j’avais prévu de boire un verre d’eau pour compenser mon envie de fumer, je n’en ai pas eu besoin, car l’envie de fumer dure deux à trois minutes et il suffit de se concentrer sur autre chose durant ce laps de temps.
J’ai renouvelé cette expérience deux autres fois dans la semaine avant de ne plus fumer le matin. Là encore l’expérience fut concluante, j’ai constaté que peu à peu mon envie de tabac diminuait durant cette période jusqu’à disparaitre complètement le matin. J’ai fais durer cette phase pendant deux mois où je ne fumais plus le matin. Puis, j’ai ajouté progressivement un après-midi sans tabac puis un second et j’ai ensuite cessé définitivement de fumer. Cette phase a été un peu plus difficile, mais pas trop, j’avais prévu des patchs, je n’ai pas eu à les utiliser.
Il y a maintenant un an et demi que je ne fume plus, mais je suis toujours vigilant sur mes réflexes conditionnés et mes automatismes qui de temps en temps viennent me titiller mais, je les vois venir.
cordialement Camille

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