écrire : bâtir une scène

écrire : bâtir une scène

Dans une scène, l’objectif de la scène est pour le protagoniste un moyen pour atteindre son objectif global qui est le fil conducteur de votre roman. Il doit avoir une motivation forte pour animer la scène.

Personnellement j’utilise une grille avec plusieurs colonnes :

Titre de la scène, n° de la scène, lieu, personnage, objectif, action, obstacle, solution.

L’obstacle, c’est quoi ou qui s’oppose au protagoniste. Il est important d’incarner cela dans des actions concrètes faites par des personnages.

La solution, c’est la conclusion de la confrontation. Soit le protagoniste atteint son objectif, soit il ne peut pas l’atteindre.

Le lieu doit être de préférence unique. Évitez de promener le lecteur qui risque de perdre ses repères. Avec un lieu unique le lecteur se projette beaucoup plus facilement dans la scène.

Il ne doit y avoir qu’une action par scène, c’est à dire un seul objectif et une action principale pour l’atteindre.

Montrez votre protagoniste en train d’agir pour atteindre son objectif. Vous devez prendre en compte la personnalité du personnage et son système de valeurs.

Finissez la scène rapidement avec une conclusion qui montre que le personnage est prêt à passer à la suite.

cordialement

Pour écrire : des verbes

Des verbes pour écrire

En voici quelques uns à titre d’exemple, pour remplacer le fameux dit-il. Mais votre dictionnaire vous en fournira plus que vous n’en utiliserez jamais dans un roman. N’hésitez pas à utiliser un dictionnaire des synonymes pour trouver celui qui vous convient le mieux.

affirmer, apprendre, assurer, aviser, commenter, considérer, déclarer, décrire, exprimer, formuler, observer, penser tout haut, préciser, raconter, remarquer, rappeler,  confier…

Chaque auteur à des verbes des mots et des expressions qu’il préfère, c’est d’ailleurs une des façons de l’identifier.

Composez votre propre palette :

De verbes qui vous plaisent et que vous utiliserez dans un dialogue. Ceux qui pour vous expriment un état d’âme comme blaguer, glousser, confesser … ou un niveau sonore comme s’égosiller, clamer, hurler …

ils sont légion et vous n’avez que l’embarras du choix. Mais, en vous amusant à préparer votre liste, vous découvrirez de nouvelles façons d’exprimer ce que vous voulez dire en utilisant le dictionnaire.

Le dictionnaire permet beaucoup de fantaisies. Par exemple : il écrivait un roman devient en utilisant la définition du mot roman :

Il écrivait une  «Œuvre littéraire en prose d’une certaine longueur, mêlant le réel et l’imaginaire, et qui, dans sa forme la plus traditionnelle, cherche à susciter l’intérêt, le plaisir du lecteur en racontant le destin d’un héros principal, une intrigue entre plusieurs personnages, présentés dans leur psychologie, leurs passions, leurs aventures, leur milieu social, sur un arrière-fond moral, métaphysique».

cordialement

Écrire : c’est aussi informer

Écrire : c’est aussi informer

Biopiraterie : une nouvelle forme de colonisation ?

Les brevets déposés sur l’exploitation de végétaux et minéraux font l’objet d’une compétition acharnée. 

Conséquences : un paysan indien peut être, d’un point de vue légal, condamné à devoir des royalties à une entreprise américaine pour cultiver les haricots de ses ancêtres.

De ses vacances au Mexique, notre voyageur a ramené un paquet de haricots, un aliment typiquement local. Du sac de graine, notre touriste, qui est aussi un agriculteur, isole un haricot jaune, dont la couleur est inconnue aux Etats-Unis. Il le plante, le cultive et dépose un brevet comme inventeur de l’espèce auprès de l’Office des brevets américain.

Ce bout de papier l’autorise actuellement à réclamer des droits sur les exportations de haricots jaunes du Mexique vers les Etats-Unis, auprès de paysans qui le cultivent depuis des générations !

Voici l’exemple d’un phénomène qui se développe sur toute la planète, qui consiste à privatiser des organismes vivants.

Les pays les plus touchés sont ceux où la biodiversité reste riche et les lois pour la protéger ou encadrer son exploitation sont inexistantes, comme le Brésil, le Mexique, l’Inde ou la Malaisie.  C’est un déni du travail millénaire de millions de personnes.

L’Office européen des brevets a confirmé l’annulation du brevet sur le margousier pour cause de biopiraterie. Il aura fallu dix ans pour faire prévaloir le droit des Indiens sur celui détenu par la multinationale, alors que les propriétés fongicides du margousier ont été décrites pour la première fois il y a trois mille ans…

Faut-il rester indifférent ?

cordialement

la fin d’une histoire

la fin d’une histoire

Construire la fin d’une histoire n’est pas ce qu’il y a de plus évident, c’est moins important que d’en construire le début qui va dire dans les premières pages à votre lecteur si ce livre est fait pour lui ou non, mais elle va vous permettre de contribuer à construire votre lectorat. Normalement, c’est quelque chose que vous avez fait avant d’écrire une seule ligne de votre histoire pour bien l’encadrer et savoir où vous alliez.

À ne pas confondre avec la résolution de votre histoire, le classique des comptes de fées : «ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants».

Non, la fin de l’histoire, c’est l’opposition entre le héros et son adversaire. Le lecteur a besoin de voir toutes les tensions jaillir, de sentir que tout explose, les secrets sont révélés, tout part dans tous les sens, c’est un festival qui permet à votre héros de se transformer et qui donne à l’intrigue le moyen de se clore.

Pour bien terminer votre histoire :

lister les blocages de votre héros et faites les sauter. Il vous en restera un, le fardeau de votre héros, incarnez le dans son adversaire, il est plus facile pour le lecteur de voir les problèmes s’ils sont représentés dans un personnage plutôt que racontés.

Une fois que vous avez décidé de l’issue du conflit principal, attaquez la résolution. Montrez à vos lecteurs ce que deviennent vos personnages, ne laissez pas le lecteur sur sa fin avec une fin ouverte, engagez-vous. Posez un état des lieux sur la nouvelle situation de vos personnages. Votre lecteur doit pouvoir se projeter dans la nouvelle vie de vos personnages. Que font ils maintenant au quotidien, quels sont leurs nouveaux projets … Donnez le sentiment que les personnages continuent d’exister et sont prêt à vivre d’autres expériences, d’autres changements. Laissez vos lecteurs quitter leur lecture paisiblement et retrouver leur vie de tous les jours. Le but, c’est d’adoucir la séparation entre le lecteur et vos personnages.

cordialement

L’anecdote du mercredi : mené en bateau ?

L’anecdote du mercredi : mené en bateau ?

n° 1317101

Vivre sur un bateau ne se fait pas simplement. De nombreux obstacles sont à franchir pour réaliser un projet comme celui-là. C’est un changement de vie complet avec des contraintes et des obligations, surtout, si l’on a une famille.

Ma famille ne verrait pas cela d’un oeil bienveillant. Elle ne me suivrait pas à bord, c’était une certitude, et elle s’emploierait à me mettre des bâtons dans les roues. Ma femme qui nageait comme un poisson avait peur sur l’eau. Ma fille allait entrer à l’université, cela l’amuserait certainement de venir passer quelques jours de vacances en mer, mais certainement pas plus.

Dans une discussion avec Bertrand un ami de longue date j’évoquais mon projet. Il trouva que cela me ressemblait. Il me parla à son tour de ses problèmes. Il venait de perdre le dernier point de son permis de conduire et ne pouvait plus prendre le volant. Il me demanda si je pouvais le conduire le lendemain à un rendez-vous important pour lui, ce que j’acceptais.

Le lendemain nous primes donc la route pour aller chez Robert où Bertrand avait rendez-vous. Bertrand avait installé chez Robert  un système de chauffage-climatisation de son invention qui permettait de diviser la facture énergétique par quatre. C’était remarquable et particulièrement intéressant en temps de crise. Bertrand profitait de la présence de Robert en France pour faire voir à des acheteurs potentiels le résultat concret et la mise en application de son invention.

Robert était un grand gaillard de un mètre quatre vint dix. Il avait quarante huit ans, un physique enveloppé, un visage avenant. Il avait trouvé à Bertrand un client au Maroc chez qui il était en train de faire installer son système de climatisation dans une villa de 1000 mètres carrés. Cette villa devait servir de villa témoin pour les futurs clients de Bertrand au Maroc.

Robert qui était expatrié avait quelques affaires à résoudre en France ou il séjournerait quelques jours. Nous bavardâmes, conversation de salon, de courtoisie où chacun fait semblant de s’intéresser à l’autre. J’écoutais Robert d’une oreille distraite en pensant à mon Catamaran. Je compris rapidement que Robert avait d’importants problèmes financiers. La conversation glissa sur la monnaie marocaine, le dirham non convertible. C’est alors que je me mis à me demander si Bertrand qui connaissait mon passé de spécialiste financier international n’avait pas organisé ce rendez-vous avec une idée derrière la tête.

cordialement

À la Chasse de mes amours

À la Chasse de mes amours

Lorsque j’écris une histoire, je fais un vraiment très long travail de préparation que contrairement à ce que je conseille à mes lecteurs et lectrices je ne place pas dans une grille temps car il m’arrive très souvent de «préparer» plusieurs histoires différentes à la fois. La préparation d’une histoire me demande un long travail précis et minutieux. Pas une ligne n’est écrite avant que j’ai rédigé un plan très précis de ce que je veux écrire. Le plan est découpé en parties, chapitres, séquences et scènes. Lorsque mon plan est fini je connais tout de mon histoire, j’ai visualisé chaque scène dans le détail dans ma tête.

Mes scènes sont comme l’ensemble conçues en trois parties, avec le but de la scène, un rappel du thème, un lieu, un protagoniste, un antagoniste, une action, un conflit, des obstacles … Un maximum de détails comme l’introduction d’un élément qui doit permettre à mon protagoniste de se sortir d’une situation inextricable dont il aura besoin dans une autre scène. Elle est préparée à la troisième personne : le protagoniste veut ceci, l’antagoniste veut cela … Une fois que ma scène est conçue, je vérifie qu’elle est utile à la progression de mon histoire et s’intègre bien dans le plan global …

Je peux donc ensuite rédiger mes scènes au fil de la plume le plus vite possible pour qu’une de ces idées surgissantes n’ait pas le temps de venir contrarier mon écriture. Je vérifie ensuite que tout est cohérent et que cela s’enchaine bien par rapport à ce qui précède. Puis réécrire si nécessaire ce qui ne va pas si cela ne s’intègre pas à ce qu’il y a avant et à ce qui arrive après.

Lorsque je rédige, cela nous arrive à tous, il y a des choses que j’écris qui me plaisent particulièrement, c’est ce que j’appelle «mes amours». C’est le pire danger pour un auteur, car souvent «nos amours» ne s’intègrent pas dans l’histoire ou n’apportent rien à l’histoire et ne servent pas à la faire progresser … Il est donc important de les chasser pour les supprimer lorsqu’ils sont inutiles. C’est indispensable.

cordialement

Les sept étapes majeures pour un roman ou une nouvelle.

Les sept étapes majeures pour un roman ou une nouvelle.

Ces étapes ne sont données qu’à titre indicatif. Car, dans un roman ou une nouvelle il y a en général 12 chapitres et trois parties. La première et la dernière partie sont en général sensiblement de la même longueur. La partie centrale est elle égale en longueur à la première partie plus la dernière. La partie centrale se divise en deux parties de longueurs égales. l’une représente l’apprentissage du héros qui durant cette partie apprend ce qu’il doit apprendre pour réussir à atteindre son objectif et tisse les liens qui lui seront nécessaires pour la deuxième partie centrale qui représente le combat du héros pour atteindre son objectif.

1° Il faut commencer l’histoire par un personnage qui a des soucis

Une de ses faiblesse va lui causer un problème

Il lui faut combler un manque avant la fin de l’histoire

2° Le désir c’est le but du personnage et c’est le fil rouge du script.

Tout est rattaché à ce désir, à ce qu’il veut

3° L’opposition, l’antagoniste

Le protagoniste à un but mais son adversaire, l’antagoniste veut l’empêcher d’y parvenir

Ce qui arrive alors, c’est que le protagoniste et son adversaire vont rivaliser pour atteindre le même but. On a donc un conflit.

4° Le protagoniste trouve un plan. C’est sa stratégie pour battre l’adversaire et atteindre le but

Chaque héros a son plan d’attaque qui imprime sa marque au reste de l’histoire.

On construit le conflit à travers l’histoire pour arriver à la prochaine étape majeure :

5° Le combat

C’est le plus grand conflit et aussi le dernier.

En général, c’est à ce moment que le héros atteint son but.

Cette bataille amène à l’étape suivante : qu’on appellera la révélation de soi

6° La révélation de soi

C’est une information importante qu’apprend le personnage sur lui-même. Une grande révélation sur ce qu’il est vraiment.

C’est là que le personnage satisfait son besoin exprimé du début de l’histoire. C’est l’étape la plus importante.

7° On finit l’histoire avec un nouveau départ. Tout est calme, tout est revenu à la normale, mais maintenant les personnages ont changé en traversant ces expériences.

cordialement